lundi 3 avril 2017

Mer Rouge sur le MSC Fantasia

Au petit matin, vers les six heures, le soleil se lève sur la mer Rouge. Derrière des lambeaux de nuées, le disque rouge se fraye un chemin vers le ciel. Les flots se teintent de vermillon et les eaux agitées brouillent l’éclat solaire sur la mer. Une heure plus tard, l’astre du jour a bondi hors du brouillard et dispense sa chaleur africaine.
Aujourd’hui, nous ouvrons les secrets de la mer Rouge. Pour l’instant nous n’avons pas encore rencontré le bateau de Manfred. Sous le soleil radieux, le MSC Fantasia continue sa route vers le Nord. Plusieurs pays se partagent les côtes de cette étendue d’eau stratégique car elle conduit vers le canal de Suez. En Asie Mineure, il y a le Yémen, l’Arabie Saoudite, la Jordanie et Israël. Sur le bord africain, les pays suivants sont riverains de ces flots : Djibouti, l’Erythrée, le Soudan et l’Egypte.
Vers quinze heures, Mme Belgrano Ida propose une conférence sur l’Empire de Rome. Elle effectue un rapide historique des empereurs qui ont construit la ville éternelle. Elle énumère les monuments et les places importants à visiter dans ce vaste dédale qu’est la capitale de l’Italie.
Après cet intermède culturel, nous allons manger une glace au pont quatorze. Un vent constant et insistant emporte les portes extérieures. Les flots semblent plus agités que ces derniers jours. Le navire effectue des à-coups étranges pendant sa navigation. 
Pendant le repas du soir, le soleil se couche. A cause d’un fort vent, le pont quinze est fermé aux passagers. Le disque solaire ressemble à une orange qui se jette dans la mer. Avant que la nuit vienne, l’astre du jour vient se perdre dans la brume de chaleur des côtes africaines.

Ce soir, le spectacle se nomme « Masquerade » ; nom fort judicieux pour la mascarade des égos. Nous avons le déplaisir d’entendre la soprano Tatiana Kniazeva et le ténor Enrico Scotto qui hurle leur chant. Fort heureusement la soirée est sauvée par le merveilleux extrait de ballet proposé par quatre danseurs du navire. La mort du cygne est magistralement interpréter par les artistes du bateau. 

Mascarade...

A six heures trente, l’astre solaire fait une apparition remarquée sur les flots ondoyants de la mer rouge. Le disque incandescent s’apparente à une lanterne isabelle dans l’horizon cendré. Son rayonnement éveille les nuées endormies en les auréolant d’une lumière incarnate aux reflets pourpre qui se projettent sur les vagues discrètes et effacées. Quand le jour s’installe dans la clarté, l’astre se pare d’un ample halo opalin. Il irradie l’onde d’une cascatelle aux rinceaux ou irisations dorées qui glissent jusqu’au navire dans un sillon mordoré.
Lors du petit-déjeuner au buffet, André décide de s’offrir la même collation que son mari. Deux croissants bizarrement fourrés, une drôle d’idée, un pain au chocolat et un muffin aux fruits rouges sont trempés dans un mug de cacao chaud. Sur le programme journalier, un article évoque la beauté du pain. Chaque jour, les douze boulangers pâtissiers du navire déploient leur savoir-faire en façonnant moult viennoiseries, pains divers et gâteaux variés. Un chiffre de neuf cent kilos est annoncé pour la ronde journalière des pains. Une information fait sourire André à propos d’une origine de la crème glacée. Dans l’Empire Perse, voici fort longtemps, du jus épais de raisin était déposé sur de la neige. Les cristaux gorgés du nectar étaient ensuite lentement savourés.
La matinée s’évanouit tranquillement au rythme des activités du couple dans la cabine. Le navire navigue paisiblement au large entre le Soudan et l’Erythrée.
A midi, le déjeuner est apprécié au buffet Zanzibar. Anastasia apporte une bouteille d’eau minérale. Patrick savoure des aubergines gratinées, fourrées aux épinards. Il agrémente son plat de rondelles de carotte au beurre et de samosas  aux légumes. Dans une coupelle, André se prépare du riz blanc, quelques têtes de brocoli, des pois-chiches à la marocaine qu’il mélange avec de la soupe aux lentilles. Deux asperges vertes et quelques rondelles de carottes complètent sa sélection.
Après le repas, le couple se rend au café Cappuccino. Tous les espaces sont occupés. La détente est reportée. Depuis le balcon, André et Patrick aperçoivent au lointain un énorme porte-containers. Le ciel est grand bleu. Les nuages, sans doute effrayés par les pirates de la mer rouge, se sont tous éclipsés. Les vagues s’agitent et se tambourinent comme pour confirmer cette hypothèse. A quinze heures, Patrick se rend à une conférence au salon Insolito où Hilda Belgrano aborde aujourd’hui l’histoire de la ville éternelle. André, inspiré par sa muse, écrit sur l’ordinateur. Après seize heures trente, un entracte se déroule au pont piscine. Au bar Delle Fontane, à la caisse, une jeune balinaise, Dewi, lève haut la tête pour croiser le regard d’André. Une fois les douceurs apportées sur la table ronde, il prend son temps pour savourer une boule vanille et une boule gianduja. Patrick découvre aujourd’hui la saveur du gianduja et du café. Une quarantaine de minutes s’écoule dans le mouvement de la vie. Les vagues se soulèvent, la mer rouge est agitée, l’écume se forme sur les crêtes. La porte accédant aux ascenseurs, perturbée par le souffle soutenu du vent, cogne à chaque fermeture contre l’encadrement. Les passagers qui défilent en continu négligent de l’accompagner pour éviter le bruit sourd. Il est vrai cependant que le battant est lourd et la force d’Eole puissante. Perturbé par les claquements violents, André décide de terminer sa glace autre part. Il s’installe avec Patrick à l’entrée de la cafeteria. Le tout jeune Vittorio, en grande discussion avec sa mère, entre au buffet.
Plus tard, le couple se rend au pont sept pour observer le coucher de soleil et pour prendre quelques photos. L’accès est interdit à cause du vent qui souffle en courtes rafales. Le pont quinze est approché. Il est également fermé aux passagers. Patrick parvient à s’y glisser à la dérobée pour prendre quelque clichés de l’astre solaire qui embrase la voûte céleste en la métamorphosant en robe incarnat. Le couple se rend ensuite au buffet pour le dîner. André compose son repas de rondelles de banane, de dattes et d’arachides. Patrick s’offre un burger végétarien accompagné de frites et de wraps. La féérie solaire se poursuit magnifiquement durant le repas.
A dix-neuf heures, André et Patrick assistent au spectacle Masquerade. La soprano Tatiana, le ténor Enrico et le pianiste Mauro se dont donnés rendez-vous sur scène pour un opéra improvisé. Les trois interprètes s’en donnent à cœur joie sans trop se préoccuper de l’harmonie d’ensemble. André ressent un décalage comme dans un film où le doublage des paroles est désynchronisé des mouvements des lèvres des acteurs. Une fois de plus les danseurs et les danseuses de la troupe du navire, aux costumes et aux masques débordant de créativité, homogénéisent le show par leur talent, leur professionnalisme et leur formidable présence scénique spectaculaire. Finalement le show porte bien son nom, une mascarade…
















dimanche 2 avril 2017

Détroit de Bab E Mandeb sur le MSC Fantasia

Une brume persistante voile le soleil. La mer semble plus agitée à l’approche des côtes africaines. Quelques nuages rougissent à travers le brouillard matinal. Nous croisons un navire dans le lointain. Les côtes du Yémen ont été évitées afin de limiter les risques dus aux pirates qui sévissent dans la région.
En descendant les escaliers du pont 14 jusqu’au 9, je remarque un gros problème avec les ascenseurs. A chaque palier des gens attendent. Malgré quatre cages à la disposition des passagers, les élévateurs ne s’arrêtent pas systématiquement à chaque niveau. Même parfois, ils sautent un pont ! Ce fait crée des queues et de la mauvaise humeur de la part de certaines personnes.  
A quinze heures, Mme Belgrano organise une conférence sur l’île de Crète. Notre arrêt s’effectuera au port de Héraklion où un magnifique musée regroupe les beautés de l’art minoen. Le palais de Cnossos se trouve à quelques kilomètres de là. Nous pouvons y admirer un édifice qui rassemblait environ trente mille personnes autour du roi Minos. Ce peuple pacifiste se consacrait au commerce et à l’art. Il avait une forme d’écriture pas encore traduite nommé Linéaire A.
Vers les seize heures, nous traversons le détruit de Bab El Mandeb qui s’épare la péninsule de l’Arabie du continent Africain. Nous quittons l’océan indien, et le golfe d’Aden pour la mer rouge. A notre droite, nous voyons l’île de Périm au Yémen et à gauche Djibouti en Afrique. La largeur de la mer est de trente kilomètre. Ici sévissent des pirates qui rackettent les navires. En général, ils ne s’attaquent pas à des grands paquebots. Ils préfèrent les navires de petites tailles.
A dix-huit heures, le disque solaire prend une teinte orangé sur une mer passablement agités et grise. Lentement, le ciel s’abandonne à la couleur pourpre et l’astre du jour devient intégralement carmin. Puis il s’efface pour faire place à la nuit.

Le spectacle du soir rend hommage à l’Italie : Sogno Italiano. Les chanteurs Estefania Sanchez et Emmanuel Marquez interprète des chansons italiennes pour le plus grand plaisir des passagers italiens. L’apothéose vient avec le final : Con Te Partiro qui enthousiasme les spectateurs. 

Les secrets de la Mer Rouge...

Au lever, le ciel est dégagé. Quelques nuées blanches effilochées enjolivent l’horizon baigné d’une lueur églantine. Les nuances de bleu se partagent harmonieusement entre le ciel et la mer aux vagues animées d’une légère ondulation. Une trentaine de minutes plus tard, un pétrolier croise le paquebot à distance.
Après le petit-déjeuner savouré au buffet à la poupe du navire, André descend au restaurant Red Velvet au pont cinq avant de rejoindre Patrick à la cabine. Un parcours du combattant commence. L’entrée lui est tout d’abord refusée car il tient à la main un mug avec un restant d’arachides. Il est interdit d’introduire de la nourriture au restaurant. Il argue qu’il est juste de passage et reçoit l’autorisation de s’approcher d’un serveur pour sa demande. Il est intercepté par un homme bien portant en uniforme grenat, au visage hargneux et acariâtre, qui le questionne de manière invasive. La réponse formulée, il affirme avec suffisance : no banana en indiquant la sortie. André ignore l’individu arrogant et s’adresse à un serveur. Il s’assoit sur le dessus de la rambarde devant le buffet central, disposé sur une estrade, et patiente le retour du jeune homme en blanc. Sa persévérance porte ses fruits, au propre et au figuré. Le serveur revient avec deux bananes sur une assiette. Il est remercié vivement. En sortant de la caserne, André repense au film promotionnel de la compagnie diffusé récemment au théâtre. L’attitude de certains membres de l’équipage est à l’opposé du message véhiculé où chaque passager est supposé être choyé et écouté avec une attention souriante. André est à la fois satisfait et déçu du manque d’égard à son attention depuis son arrivée au Red Velvet. Ces comportements indifférents et intransigeants sont occultés dans le reportage diffusé en grande pompe sur le navire.
Dans la matinée, sur le Kindle, Patrick termine Les contes grotesques d’Edgar Alan Poe.
Coutumiers du buffet Zanzibar, André et Patrick apprécient les mets végétariens, peu nombreux mais créatifs. Aujourd’hui, ils découvrent un cassoulet de haricots, lentilles, carottes et aubergines. Un autre plat est choisi au menu : du riz Biryani aux épices indiennes agrémenté de légumes et d’oignons frits. A défaut de desserts attrayants, les canolli ayant déserté le navire, quelques pâtes gratinées aux légumes et à la sauce béchamel sont savourées pour terminer le repas.
Le café du pont sept est de plus en plus fréquenté. Les deux tables au pôle nord sont toujours inoccupées ; la climatisation excessive fait fuir tous les passagers. Au sud, il reste une table libre entre deux duos, deux petits canapés deux places en vis-à-vis. André et Patrick prennent place côte-à-côte et commandent deux cappuccinos au serveur balinais. Les tickets du carnet acheté à Anastasia sont épuisés. Les breuvages sont sirotés distraitement dans un farniente apprécié. Sur une toile de jute, disposée sur le mur latéral, représentant une caisse de sacs de cafés prêts pour être embarqués, les volutes aromatiques d’une tasse de café peintes en relief sont emportées par une brise légère.
A quinze heures, Patrick se rend au théâtre pour assister à une conférence donnée par Hilda. Il se dirige ensuite au salon Insolito pour découvrir une exposition de cartes nautiques présentées par les officiers de la passerelle. L’affluence est telle qu’il est amené à renoncer à son projet. André œuvre plaisamment sur l’ordinateur.
Vers seize heures, le couple est présent sur le pont quinze pour assister à la traversée du détroit de Bab El Mandeb. L’océan Indien est quitté pour naviguer dans la Mer Rouge. Le navire glisse à la gauche de l’île de Perim, dans la partie la plus profonde du canal. Celle le long des côtes du Yémen offre un aven d’une trentaine de mètres. Les côtes de Djibouti se dessinent au loin à l’horizon. Le relief brumeux des montagnes paraît aussi escarpé que celui d’Oman. Le bas des sommets rocheux sur le rivage du Yémen, beaucoup plus proche, est caché par la silhouette de l’île. Un pétrolier croise la route du Fantasia. La Mer Rouge accueille le vaisseau des mers. André et Patrick se souviennent d’Henry de Monfreid, l’aventurier de la série télévisée Les secrets de la Mer Rouge qui baigna leur adolescence.
Après ces instants éphémères, le couple se rend au bar Delle Fontane à l’Aqua Park sur le pont piscine inférieur. Des crèmes glacées sont servies par Alwyn. Une table, proche de la lourde porte en bois conduisant au buffet et aux ascenseurs, est libre. Patrick découvre la saveur de la poire et de la banane avec une autre boule. André apprécie la vanille et teste une boule Ganduja. Un groupe d’enfants défile. Leur tête est coiffée d’un diadème en carton jaune de leur création. Le va-et-vient des passagers est incessant. Quelques trois mille personnes sont à bord, servies par plus de mille membres d’équipage. André s’étonne du peu de sourires échangés. L’effervescence continuelle, les activités multiples toutes les heures, l’usage des téléphones et des ordinateurs portables accaparent les esprits et les projettent dans le proche futur. L’instant présent est rarement visité pour accueillir l’autre pour un brin de causette. Paradoxalement, André trouve les gens stressés ; rares sont les passagers qui flânent. Ceux sur les chaises-longues qui lisent, bronzent, papotent ou somnolent semblent plus détendus.
A dix-huit heures, André et Patrick dînent au buffet. Des veggie burgers composent leur menu. Patrick ajoute des frites et de petites bouchées de pain de mie aux légumes. André ajoute de la salade de chou blanc aux raisins secs. L’astre solaire décline à l’horizon, embrase le ciel, dépose des touches de gouache sur la crête des vagues. Une trentaine de minutes lui suffisent pour se noyer dans la mer. Patrick sort de temps à autre pour prendre quelques photos depuis le pont supérieur.
Au théâtre, à dix-neuf heures, André et Patrick assistent au spectacle Sogno Italiano. Avant le show, les membres de l’équipe d’animation, déguisés en gladiateur et autre mirmillons, se font prendre en photo avec les spectateurs ravis. Estefania et Emmanuel, en costumes de la Belle Epoque, interprètent les plus grands succès musicaux italiens. Estefania est rayonnante dans sa robe longue rouge rubis à l’ample draperie dont les plis ondulent comme les vagues de la mer rouge. Les danseuses et danseurs du navire évoluent avec talent à leurs côtés dans des costumes de scène riches de froufrous et de couleurs. Le final voit l’interprétation ovationnée de la chanson Con te partiro. Cette musique emblématique escorte André au pays des rêves…












samedi 1 avril 2017

Dans le golfe d’Aden sur le MSC Fantasia

Un brouillard isabelle flotte sur les eaux tranquilles du Golfe d’Aden dans l’océan indien. Les premiers rayons solaires colorent à peine les nuées grises.
Un ban de dauphin croise le navire. Leur saut gracieux tapote les flots avec un bruit sourd. La lumière rebondit sur leur corps lisse et soyeux. Les gens observent avec émerveillement depuis les balcons.
Après le petit-déjeuner, nous voyons des poissons-volants bondir hors des eaux puis en un clin d’œil replonger dans le flot anthracite. Il ne reste que l’écume comme souvenir de leur passage. 
Après le déjeuner, nous allons au pont sept au Cappuccino Café pour boire un café puis nous poursuivons avec un chocolat. Des français installés à côté de nous parlent de la soirée opéra d’hier. Ils sont partis après un quart d’heure de représentation tant les deux chanteurs étaient mauvais pur eux.
A quinze heures, Mme Belgrano effectue une conférence sur le canal de Suez et la mer rouge. Elle parle de sa construction et de son agrandissement effectué en 2015 par le gouvernement égyptien.

Ce soir le navire effectue un changement de fuseau horaire, nous allons nous caller sur Athènes. Nous n’aurons qu’une heure de décalage horaire par rapport à la France. 

Instants gourmands…

Au lever, la vue sur les flots depuis le balcon est brouillée par un voile opaque aux légers reflets irisés. Une heure plus tard, la voûte céleste azuréenne coiffe la mer à la robe bleu marine lisse et uniforme.
Une escouade de dauphins vient perturber la surface des flots. En plus grand nombre qu’hier, ils paradent sur les vagues. Ils jaillissent hors de l’eau, plongent avec panache, s’amusent dans les éclaboussures, chahutent les vagues qui se plissent, improvisent une chorégraphie en duo et en trio, expriment leur joie de vivre, exultent dans l’instant présent. Patrick est aux premières loges pour observer ce nouveau ballet improvisé.
Vers huit heures, le petit-déjeuner est savouré à la poupe au buffet Zanzibar. Le passage du navire donne naissance à un sillon écumeux qui perdure au lointain. Durant la collation, avant de savourer une seconde banane, André se rend au Red Velvet au pont cinq. La pénurie de ce fruit se confirme également au restaurant. Il parvient toutefois à se procurer deux bananes apportées par un serveur efficace. Il remonte aussi avec un croissant à la crème pâtissière absent de l’offre du buffet. Il le savoure en sirotant une boisson chaude au cacao disponible uniquement le matin dans un thermos. La seconde banane sera appréciée une autre fois.
Un peu plus tard, alors qu’André se brosse les dents devant le vitrage de la porte coulissante du balcon, il voit soudain des poissons chats émerger des vagues dans un souffle. Leur brève apparition suit la courbe du point d’interrogation. La matinée se poursuit dans le confort de la cabine.
A midi, le déjeuner se déroule au buffet. André et Patrick prennent place vers le secteur végétarien à proximité de trois masques africains, suspendus à des voilages blancs, qui font face à la mer. Parmi les mets proposés, des morceaux d’aubergines rôties à la menthe et au cumin côtoient des nouilles de riz sautées à l’œuf accompagnées de tofu, d’amandes et de légumes à l’ail en sauce tomate piquante. Dans sa coupelle, André ajoute à cette sélection commune un peu de gratin de pommes de terre. Il termine son repas avec quelques morceaux de Grana Padano, de fromage affiné italien, à pâte dure et au lait cru de vache.
Un peu plus tard, le couple s’installe à l’Il Cappuccino Bar pour des instants de découvertes. Sugianta, le serveur balinais, apporte deux marocchinos. Dans le sillage de l’arôme d’un expresso, les papilles gustatives découvrent la caresse de la poudre de cacao et la saveur du chocolat à la noisette. La dégustation se prolonge. André et Patrick bavardent fortuitement avec un couple de Montpellier qui exprime à haute voix sa déception quant à la version courte de l’opéra La Traviata de Verdi. Leurs commentaires peu élogieux sur le ténor et la soprano font écho dans l’oreille de Patrick. Ils reflètent sa pensée. Il se demandait si d’autres passagers avaient ressenti les mêmes impressions. Contrairement aux deux savoyards, il quitta la salle une quinzaine de minutes après le début de la représentation. L’opéra de la ville de Montpellier est fréquenté régulièrement par le couple et son oreille est devenue exigente sur la qualité des interprètes. Après un court bavardage, le couple quitte le café. André et Patrick décident de prolonger la dégustation. Sugianta prend une autre commande. André opte pour un Chocolate Zero ; sur la carte cette préparation s’apparente à un péché de gourmandise sans culpabilité car il est privé de sucre. Une préparation de chocolat noir, épaisse et onctueuse, est servie. Le choix de Patrick s’est porté sur un Cherry Chocolate ; un chocolat chaud au sirop de cerise, agrémenté d’une touche d’amarena, nappé de crème chantilly et coiffé d’une cerise. La préparation est annoncée comme irrésistible.
Après ces instants gourmands, André et Patrick se baladent sur la Promenade du pont sept. Elle se limite au flanc du navire. La possibilité d’effectuer une rotation complète est inexistante. De plus, elle est bordée de canots de sauvetages qui obstruent la vue sur la mer tout en diminuant la largeur du passage. De par sa conception peu attrayante, elle est quasi déserte. Quelques fumeurs viennent allumer une cigarette. Le côté bâbord est similaire à celui tribord. A la poupe, une ouverture cintrée de faible hauteur offre une vision limitée qui permet toutefois d’observer l’écume laissée par le navire. A la proue, la vue est borgne ; la partie accessible se termine dans une coursive en angle arrondi.
Satisfaits malgré tout de cette petite marche, André et Patrick retournent en cabine. André œuvre sur l’ordinateur et Patrick se rend à quinze heures au théâtre pour une nouvelle conférence. Après seize heures trente, une pause boisson chaude se déroule sur le pont piscine. En fin d’après-midi, Patrick termine sur le Kindle le livre Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov.
Lors du dîner au buffet après dix-huit heures, Patrick récidive agréablement avec un veggie burger, des frites et quelques wraps végétariens. André jeûne.
La soirée au théâtre commence à dix-neuf heures. Jimmy présente succinctement en cinq langues le spectacle Totem. Il commence au Far West avec le clin d’œil musical du film Retour vers le futur. Il se termine avec du french cancan, au Moulin Rouge selon l’accroche de Jimmy. Patrick admire la veste du chanteur Emmanuel. André trouve les costumes de l’ouest fades et lourdaud sur les membres de la troupe du navire qui évoluent parfois avec peine engoncés dans leurs tenues. Il faut attendre la fin du show pour voir les couleurs arriver, avec les nuances de rouge principalement.

Avant de rejoindre Morphée pour la nuit, les aiguilles de l’horloge sont reculées de soixante minutes. Demain le décalage avec la France sera d’une heure…














Poisson d’avril sur le MSC Fantasia

Ce matin, le directeur de croisière nous réveille en plein matin pour nous que le navire doit effectuer un grand tour. En effet, un immense iceberg barre la route vers la mer rouge. Nous voyons des pingouins, avec leur costume blanc et noir, prendre un bain de soleil ravis d’être aussi loin de l’Antarctique. Sous le soleil d’Arabie, le bloc de glace font à grande vitesse. Le directeur de croisière nous assure qu’un navire de garde côte Omanais va prendre en charge les animaux qui ne sont pas habituer aux températures aussi chaudes. Une pommade spéciale leur sera appliquée pour éviter les coups de soleil.