vendredi 6 janvier 2017

Abondante créativité humaine à Bangkok…

Le petit-déjeuner compris dans le tarif de la chambre se déroule au septième étage. André et Patrick s’installent vers le vitrage donnant sur la route Rama surplombée de l’infrastructure du train aérien. La table ronde en marbre noir veinée de blanc est pourvue de deux cabriolets orange design pivotants. André savoure quatre petites bananes plantain, des tranches d’ananas mûr, des arachides grillés et un petit pain au chocolat. Patrick opte pour des toasts tartinés de peanut butter, de beurre de cacahuètes. Des viennoiseries et du café complètent sa sélection. La suite de la matinée se déroule agréablement dans la chambre, chacun s’adonnant à ses activités respectives selon ses aptitudes naturelles.
Après onze heures trente André et Patrick sont dans une rame du train aérien. Les passagers, thaïs pour la plupart, surfent sur leur téléphone portable ; les pages twitter défilent, les sms s’échangent avec dextérité, les prunelles valsent devant la pléthore de jeux virtuels. Rares sont les mains libres de tout mouvement. Le couple descend à la station Asoke. Les trottoirs sont en réfection le long de la route Ratchadapisek Road qui mène chez May Veggie Home où le couple va déjeuner. Un jeune serveur reconnaît spontanément André et Patrick dont la dernière venue remonte pourtant à février de l’an passé. Il leur offre un radieux sourire. La carte des mets et les prix sont identiques au précédent passage. Patrick opte pour un Green curry avec du riz brun et un jus de pommes rouges. André choisit une Avocado chopped salad avec du riz brun au jasmin et un jus de carotte. Les boissons sont réalisées sur l’instant au moyen d’une centrifugeuse. Un grand jeune homme brun s’installe derrière Patrick à une petite table ronde le long du vitrage donnant sur la route. Vêtu d’un short et d’un tee-shirt au col en V, des tatouages se dévoilent sur toute la peau visible. Un peu plus tard, un beau jeune homme à la chevelure châtain clair arrive. Toutes les tables sont occupées. Qu’à cela ne tienne, le défi est vite résolu. Une solution est trouvée. Un serveur débarrasse une petite table ronde à l’entrée où des produits vegan sont exposés à la vente. Le client est ravi. Lors de son retour des toilettes, où il a salué un touriste blond francophone devant les lavabos, il prend un cliché d’une photo où May, la patronne et chef de cuisine, reçut Manisha Koirala le mercredi 9 novembre 2016, une star de cinéma de Bollywood.
Après le repas le couple marche le long de la route Sukhumvit. Le ciel blafard laisse deviner quelques éclaircies de ciel bleu délavé. La moiteur de l’air chaud est légère. Un homme sans âge assis sur le bord du trottoir accomplit un Wai à l’attention d’André et Patrick à leur approche, en les gratifiant d’un chaleureux sourire. Il joint devant sa poitrine les deux paumes de ses mains quelque peu décharnées en esquissant une légère flexion de la tête. Ce geste de salutation traditionnelle étonne le couple. L’honorable inconnu les aurait-il remarqués l’an passé ? La salutation et le sourire sont rendus. Le Dinosaur Planet est dépassé. L’an passé, le petit parc d’attractions était en voie d’achèvement ; l’ouverture étant prévue en mars.
André et Patrick entrent dans le centre commercial Emporium. Ils se dirigent par les escalators panoramiques au dernier niveau pour se rendre au café The Mandarin Oriental Shop pour siroter un café Mocha. Les tables sont occupées. Le couple se promène en attendant une place. La diversité des produits est conséquente. Des milliers d’articles embrassent les regards. André essaye une casquette aux nuances attrayantes. Une boutique d’informatique est visitée à la recherche, vaine, d’un tapis de souris. De retour au café, les trois petites tables vers la rambarde au vitrage transparent sont libres. Celle du milieu est choisie. Un petit support en plexiglas propose de découvrir la pâtisserie Almond Pithivier servie avec une boule de glace. L’offre liée à la visite des Rois Mages arrive à son terme le huit janvier ; la chance est de mise. Teerapong, un jeune serveur gracile, apporte les parts de galette à la frangipane escortées d’une boule de crème glacée vanille Bourbon. Tassannee, une petite dame potelée dépose délicatement sur la table les tasses évasées de café Mocha remplies à ras bord. Un cœur de chocolat décore la mousse à la surface du breuvage. La saveur délicate et la texture moelleuse du fourrage offrent des sensations gustatives incomparables. La dégustation s’approprie le temps qui s’écoule sans se préoccuper de la révolution des aiguilles qui tournent sur le cadran de l’horloge. Le couple est riche de son temps. Les tables alentours sont occupées et libérées à divers reprises par les convives, dans un rythme plus faible que dans le film La Machine à explorer le temps où André voit mentalement la célèbre vitrine occupée par un mannequin féminin changeant de tenues et d’époques à une cadence considérablement accélérée. Entre deux bouchées, André savoure le Mocha à la petite cuillère. L’entropie se dissipe, le cacao se dépose au fond de la tasse et brasser le liquide s’avère nécessaire pour maintenir la saveur de la préparation. Le journal local en anglais Bangkok Post est feuilleté avant de quitter le lieu de bien-être. A proximité des toilettes, Patrick repère chez un caviste une bouteille de Châteauneuf-du-Pape à soixante mille bahts, soit plus de mille cinq cents euro.
Dans le splendide centre commercial André se fait une réflexion. Plus il voyage et plus son regard change. Le concept de pénurie créée par la société est erroné. L’abondance règne sur Terre comme en témoignent les milliers, les millions de produits fabriqués par l’Homme à partir des ressources naturelles de Gaia. L’illusion de rareté est le jeu du marketing pour justifier le maintien élevé des prix. Le couple flâne dans le complexe à la lumineuse décoration de fêtes ; les LED sont à l’honneur comme un peu partout dans Bangkok. Le magasin Asia Books est visité. Les ouvrages sur le roi décédé sont très nombreux. Devant le café Paul, André est pris en photo sur une bicyclette du boulanger. A son tour Patrick est pris en photo à côté d’un jeune pirate chez Playmobil. En face du comptoir éphémère de jouets, un vaste et somptueux autel honorant le roi décédé est présent.
Sur l’esplanade au niveau de la station du train aérien qui dessert l’Emporium, le couple prend des photos des décorations de fêtes. Les étoiles dorées scintillent. André prend son visage en photo dans un des nombreux miroirs dorés qui étoffent les décors et les guirlandes.
André et Patrick reviennent sur leurs pas. Devant le Dinosaur Planet, André est surpris par un T. Rex qui traverse ; un panneau sensibilise le promeneur à cet effet. Ils se rendent au centre commercial Terminal 21 pour voir les décorations. La marée humaine coutumière au carrefour des passerelles d’accès, au niveau du BTS, est toujours aussi considérable. Trois Powerpuff Girls colorées accueillent les chalands. Après une brève incursion, le couple monte dans une rame du train aérien. Il descend à la station Siam dans le dessein de découvrir le nouveau complexe Siam Discovery, flambant neuf. Les cubes sont à l’honneur dans l’agencement décoratif. Le site est lumineux et l’offre s’avère pharamineuse. Dans la boutique Big Camera Galleria, Patrick regarde un zoom pour photos panoramiques. Dans le magasin Loft les yeux sont éblouis par un choix inimaginable. Plus loin un banc blanc est pourvu de deux bras humains qui proposent un hug, une étreinte au client tenté par le câlin.
André et Patrick empruntent une nouvelle passerelle aérienne pour sortir. La nuit tombe. Ils décident de savourer un smoothie à l’ananas pour le dîner chez Marina le long de la route Rama non loin du centre MBK traversé pour s’y rendre. Des arachides sont ensuite achetées opportunément chez Tops Market au MBK à côté d’un restaurant végétarien repéré par André sur un panneau publicitaire dans le centre.
En chemin vers l’hôtel, André sourit intérieurement. Il a décroché aisément des sourires durant toute la journée. Il pense au dernier offert, au bas d’un escalator au MBK, par un grand jeune homme dont la bouche était couverte d’un masque blanc. Les yeux expressifs du distributeur de prospectus s’animèrent d’une sympathique fossette.
Dans la soirée, André accède au site de May Veggie Home sur l’ordinateur. Une photo du roi défunt s’affiche à l’ouverture. Le phénomène lié au décès du roi touche toutes les facettes de la vie des thaïs, il va se poursuivre jusqu’au premier anniversaire de la mort du souverain en octobre.
Vers vingt-deux heures André et Patrick sont dans les accueillants bras de Morphée…























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