Lors des rites matinaux, André effectue un des exercices du yoga des
yeux sur le balcon. Un nuage ressemblant à s’y méprendre à la carte de
l’Australie le regarde comme pour lui rappeler qu’aujourd’hui est fête
nationale au pays des kangourous.
La salle du petit-déjeuner au Windjammer
Café est animée en ce jour de fête. Les petits drapeaux se manifestent en
nombre. Certains sont arrimés de façon ludique dans les chevelures et dans les
gobelets. Ingénieusement créés, leur tige s’avère être une paille en bambou ;
les enfants sirotent les boissons en faisant les fous. Des drapeaux australiens
autocollants attirent les regards sur les bras. Un jeune garçon a collé un mini
drapeau sur sa joue.
La toile bleu marine du drapeau australien présente une grande étoile
blanche sous l'Union Jack dont les sept pointes représentent les sept états et
territoires de l'Australie. Les cinq étoiles blanches de la constellation de la
Croix du Sud, apposées sur la partie droite du drapeau, sont visibles
uniquement depuis l’hémisphère sud.
L’ambiance du buffet est à la
fête ; certains enfants en oublient de manger. Les adultes quant à eux
remplissent régulièrement leur assiette. Une fillette passe en se balançant
avec une assiette joliment arrangée. Un blinis au centre de la soucoupe
présente des motifs réalisés avec de la crème au chocolat ; des fleurettes
en crème battue ceinturent la création gourmande de l’artiste en herbe.
Dans la matinée Patrick prend en photo les décorations de fête du pont
Promenade. Des ballons par centaines, rouges, blancs, bleus, jaunes et verts,
aux couleurs de l’Australie, sont fixés aux rambardes, à la passerelle centrale
transversale surmontée d’un grand drapeau, sur les rampes des petits balcons terrasses
et aux garde-corps des ponts qui donnent sur le vide entre les ascenseurs panoramiques.
De son côté André œuvre à écrire sur l’ordinateur.
A midi le déjeuner se déroule au buffet. A l’entrée du Windjammer Café un immense gâteau, serti
de dentelles de crème au beurre, accueille les passagers. Toute sa surface est
occupée par un drapeau australien comestible grâce aux colorants alimentaires.
Pendant que Patrick choisit son repas, une jeune serveuse asiatique
adresse la parole à André. Elle lui demande si la croisière est agréable. De
son côté il s’enquiert de savoir si tout se passe bien et si les passagers sont
sympathiques avec elle. Elle se met à rire en indiquant qu’ils sont charmants
et affables. Elle ajoute qu’elle est ravie d’être à bord.
Sandra approche et se joint au couple. Un voyageur a effectué un tatouage
éphémère du drapeau sur son bras gauche. André s’absente pour choisir un dessert.
Devant la grandissime pâtisserie, il assiste à l’hymne national chanté par des
membres de l’équipage et au découpage du gâteau en centaines de parts. La foule
entoure la création digne du livre des records. André est noyé dans la masse humaine.
Il attend le service des premières parts pour pouvoir se libérer. Il se contente
d’une appréciation visuelle pour préserver son corps des colorants. Il retourne à table avec deux petites parts de gâteaux secs, légèrement
agrémentées de myrtille pour l’un et de cerise pour l’autre.
Les passagers croisés sur le bateau et dans les ascenseurs portent
souvent des vêtements, des lunettes fantaisies, des chapeaux de paille et des épinglettes
à l'effigie du drapeau australien.
A quinze heures trente André et Patrick sont installés sur les gradins
au Studio B où ils assistent au show
sur glace Blades - The skaters Playlist.
Des vêtements chauds sont portés pour pallier à l’air froid. La jeune troupe
des patineurs et patineuses intègre un français, un beau garçon à la chevelure
blonde. Les interprètes, en blanc et noir, portent tous un casque relié à un
ordinateur vocal qui dirige un ballet musical dans une chorégraphe originale où
chaque morceau offre des danses et des pirouettes acrobatiques. Au cours de la
prestation les costumes minimalistes font ressortir le talent des artistes et
leur maitrise technique ; aucun semblant de chute n’est décelé. La joie et
la bonne humeur animent la troupe à la synchronisation parfaite. Le spectacle est
porté de bout en bout par le jeu scénique des interprètes qui sont continuellement
ovationnés par les spectateurs enthousiastes.
Après ces instants enchanteurs, André et Patrick se rendent au café de
la Promenade pour siroter une boisson chaude. La longueur de la file d’attente
pour grignoter fluctue. A une table voisine trois dames d’âge mûr habillées de tenues
colorées jouent aux cartes. L’une d’entre elles arbore de superbes boucles d’oreilles
garnies de pierreries couleur océan en forme de losange. Attablés à une autre table
quatre garçons au corps svelte et musclé, peut-être des artistes du navire, dont
un au visage mystérieux, bavardent avec animation. Celui cagoulé porte une combinaison
représentant le drapeau australien. Après la pause André prend quelques photos
du décor. Il remarque la présence en hauteur, en dessus de la voiture de sport
rouge, d’un beau vélo, partiellement carrossé en bois. Le couple entre dans une
boutique pour découvrir le choix de peluches. Les Teddy Bears, les ours en peluche sont charmants mais de bonne taille.
André a un coup de cœur pour un dauphin blanc et bleu. A défaut d’un achat par
manque de place dans la valise-cabine, il prend une photo.
André et Patrick déposent les vêtements chauds dans la cabine et
montent au pont douze pour effectuer une marche en boucle. Sur l’écran géant,
trois images liées à la fête nationale australienne se succèdent. Au bord des piscines,
un membre d’équipage anime un jeu qui déclenche de bruyants éclats de rire. Un
vent frais souffle lors des rotations. Le ciel est couvert de nuages menaçants.
La pluie s’est déjà manifestée car le pont, encore mouillé par endroits, est
essuyé par le personnel de bord. Les vagues de l’océan, de leurs côtés, ondulent
distraitement, indifférentes à la frénésie festive qui s’est emparée du navire.
A dix-neuf heures, André et Patrick dînent au buffet. Gratin de
brocolis, purée de petit-pois et fromage de brie composent la partition du menu
d’André. Patrick opte pour du riz et des légumes en sauce avant de savourer une
poêlée de rondelles de bananes avec une boule de glace au chocolat.
Au théâtre La Scala un
artiste fait vibrer les planches et le cœur des spectateurs. Avant le spectacle, un jeune chanteur à la chevelure châtain clair
interprète avec sa guitare l’hymne national de l’Australie. Les citoyens
australiens se lèvent les uns après les autres suivis par d’autres passagers
dont André et Patrick. Sean Laughlin
mène un ballet magique de main de maître. La dérision et la fantaisie côtoient
le professionnalisme rôdé sous des dehors décontractés et nonchalants. Son
épouse et assistante entre de temps à autre sur scène avec les paroles Je ne veux pas travailler du groupe musical
Pink Martini. Un passager, Steve,
subi ou apprécie d’être l’homme de main de l’artiste.
Après un show déjanté et burlesque, André et Patrick prennent la direction
du royaume des rêves…
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