lundi 9 janvier 2017

Passerelles aériennes entre les univers commerciaux à Bangkok...

Au pays des rêves, André, en état de grossesse avancée, met au monde un joli bébé. Au moment du réveil il attend un second enfant. La magie des rêves offre ce que la société a refusé au couple.
A l’aube le ciel se dessine en nuances de gris. L’air est chargé d’une légère brume cotonneuse.
Après le petit-déjeuner, la matinée d’André s’envole sur les ailes de l’écriture portée par l’inspiration narrative de la journée d’hier.
Un peu avant midi André et Patrick marchent sur la route Rama en direction du centre commercial Gaysorn situé à environ un kilomètre et demi de l’hôtel. Devant le centre commercial Central World André prend en photo la mascotte du Food Court Groove. Elle ressemble à un possible ananas bleu-vert. Coiffé du feutre du chapelier fou d’Alice aux pays des merveilles, elle est animée d’un nez de Pinocchio, de bras et de mains violine dont une tient la longue tige d’une marguerite. Plus avant, sur le côté de Central World, deux cônes géants garnis flocons de neige et décorés de boules dorées se dressent dans un parterre d’œillets jaunes où gambadent des rennes au maintien royal. Pour joindre leur destination André et Patrick doivent traverser la route Ratchadamri Road en perpendiculaire de Rama. Ils empruntent la passerelle aérienne du train aérien qui relie les deux proches stations Siam et Chitlom.
Dans le centre commercial Gaysorn, le projet de déjeuner au salon de thé 1823 Tea Lounge est annulé. Le concept a changé depuis le précédent passage du couple. L’atrium central est décoré de bandelettes de dentelle suspendues qui serpentent avec harmonie dans l’espace. Le déjeuner se déroule à un autre niveau au Mandarin Oriental Shop dont la silhouette en bois évoque sensiblement celle de la caravelle de Vasco de Gama. La discrète et efficace Pissamai effectue le service avec discrétion.  André découvre la saveur fondante d’un Chocolat grands crus, un séduisant cube de divers mousses de chocolat. Patrick déguste un English fruits cake et un scone servi avec confitures et beurre fouetté. Les douceurs sont accompagnées de café Mocha. Le couple prend son temps pour apprécier les mets tout en bavardant. Les états d’âme d’André le porte à parler des maux des hommes telles la misère, la violence... Ils persistent sur Terre parce que bien des êtres humains veulent changer le monde pour le rendre conforme à leur vision. Chacun a une représentation mentale d'une réalité qu’il croit être la seule vraie. Les conflits naissent et engendrent de la souffrance. La Terre était un paradis avant la récente présence de l’Homme.
Suparat apporte l’addition. André la reconnaît. Avant d’être la directrice du Mandarin Oriental du Gaysorn, elle gérait celui de l’Emporium voici un an. Discrètement surprise et agréablement flattée, elle remercie le couple pour sa fidélité.
Aux toilettes du grand magasin, en l’absence de serviettes en papier, un thaïlandais attentif et courtois apporte à André plusieurs feuilles de papier toilette pour qu’il s’essuie les mains ; une première !
André et Patrick flânent sur la passerelle aérienne en direction de la station Siam. Des gouttes de pluie s’échappent régulièrement des nuages. La circulation est intense et le flot des véhicules inonde les chaussées fortes de six voies. Alentours les gratte-ciel rivalisent d’originalité et de splendeur. La créativité humaine débordante, portée par des milliers de mains anonymes, donne naissance à des réalisations stupéfiantes. La tour de l’hôtel Centara Grand est pourvue de deux collerettes qui rappellent le maintien des grandes dames de jadis.
André et Patrick entrent fortuitement dans le centre commercial Paragon attirés par la présence de deux ascenseurs vitrés panoramiques dont la vue surplombe la route Rama. Ils montent au dernier étage, aperçoivent une vaste librairie dans leur ascension et flânent ensuite dans le grand magasin. Chez Kinokuniya Books, un univers de livres dans différents langues invite à entrer dans l’aventure de chaque ouvrage. Que de créativité et d’imagination chez l’Homme.
En sortant du Paragon, André et Patrick entrent dans le corridor blanc arqué, tel un Boa à anneaux apathique, qui leur permet d’accéder au Siam Center sans être mouillés par la pluie fine qui tombe sur Bangkok.
Dans la boutique de Pattric Doyle, André est séduit par un costume vert clair décoré de lianes, de branchages et d’œillets blancs. A défaut d’un achat, par manque de place dans la valise cabine, une photographie est prise.
En face, la vitrine d’un magasin de vêtements capte l’attention avec ses mannequins à la physionomie animale. Les têtes des girafes et des caribous sont colorées, décorées et chapeautés de manière extravagante et fantaisiste.
Dans un des halls d’entrée, la réalité virtuelle 9DVR offre aux personnes téméraires de briser la frontière entre rêve et réalité. L’expérience multi sensorielle se déroule dans des coques futuristes blanches qui effectuent une variété de mouvements souples. Une fois les lunettes virtuelles chaussées les mains se posent sur les manettes et la simulation commence. Les plateformes hydrauliques rondes, équipées de trois coques, emportent l’adhésion esthétique d’André. A proximité une sphère aux reflets d’or et d’argent invite à s’approcher. André pose le coude sur le vortex de l’astre énigmatique pour une photo. Autre part dans le centre commercial dans pingouins musiciens participent à la décoration.
Dehors la pluie fine perdure. Le couple se rend chez Marina où André commande un smoothie à la banane. Un temps de détente assis sur des bancs bleus en zigzag s'écoule au Siam Square One. Sur un autre banc, une jeune fille asiatique grignote tout en s’activant sur un smartphone dont la housse jaune est étoffée des oreilles d’un Pikachu. Chaussée de baskets, vêtue d’un pantalon noir et d’un chemisier blanc, elle est probablement en pause au regard du badge présent sur son corsage. La vitrine d’un proche commerce dévoile sur un fond de briques rouges vieillies une ancienne machine à coudre sur sa table en marbre vert. Sur le plateau des objets d’autrefois se sont donné rendez-vous pour une séduisante décoration. A quelques pas, sur la rue Siam Square Soi 7, le chat géant fleuri, qui lève la patte en signe de bienvenue, est toujours présent.
Après ces instants de farniente, André et Patrick décident de se rendre au MBK pour le dîner. Pour éviter la pluie ils traversent le Siam Center, entrent dans un tunnel-chenille pour passer dans le Siam Discovery où ils traînassent dans une attrayante boutique d’articles de voyages, foulent la nouvelle passerelle et aboutissent au MBK sans avoir reçu un goutte d’eau.
Avant de savourer des mets végétariens au restaurant Nova Kitchen, ils lanternent devant les boutiques des souks du centre commercial très populaire.
Après le repas, une pluie fine accompagne André et Patrick vers leur hôtel où une nouvelle soirée créative les attend. En chemin un demi-ananas est acheté à l’étal à ciel ouvert du jeune homme d’hier. Absorbé dans son ouvrage, habitué à la pluie, il sert ses clients avec le sourire.




























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