samedi 7 janvier 2017

Vol au-dessus du parc Lumphini à Bangkok…


Un jeune homme asiatique balèze, assis à la table voisine, s'élance à la poursuite d’André qui a oublié son sachet d’arachides sur le cabriolet orange dans la salle du petit-déjeuner. Un Wai succède au remerciement d’André.
      L’illusion de la sécurité touche tous les domaines de la société. Pour retourner dans leur chambre depuis le septième étage où André et Patrick ont pris leur petit-déjeuner, il convient de prendre l’ascenseur. Rien d’étonnant à cela. Toutefois pour pouvoir atteindre le quinzième étage, il est incontournable d’utiliser la carte magnétique de la chambre pour enclencher le bouton concerné ; sans cela le départ est impossible. Autrefois et cela est récent somme toute, il suffisait d’appuyer sur le bouton de l’étage désiré pour mettre en mouvement l’ascenseur. On peut imaginer qu’une peur exagérée de voir un intrus accéder aux étages des chambres explique ce système contraignant ; et quel serait le dessein pernicieux de cet individu douteux ? Vol, meurtre, déprédation, espionnage ; la fantaisie, le délire du décideur empreint de peur trouverait probablement bien d’autres motifs.
Le blog du voyage s’actualise dans le confort de la chambre.
Un peu avant midi, André et Patrick se rendent au MBK pour déjeuner dans le restaurant végétarien repéré hier. En chemin une œuvre de l’équipe Asiola est photographiée. Elle a été peinte sur un vaste mur, perpendiculaire à l’hôtel Mercure-Ibis, qui a accueilli favorablement ce tableau géant en 2016. On peut lire à droite au bas de la création Asiola Peace for Bangkok 2016. L’artiste Patcharapol Tangruen, plus connu sous le nom Alex Face, est le créateur de ce bébé, avec un troisième œil d’une autre dimension, habillé d’un costume d'animal imaginé par un enfant.
Le restaurant Nova Kitchen propose une carte variée de mets végétariens. Patrick choisit de tester la saveur des rouleaux de printemps et celle du riz brun aux copeaux de viande végétale. André opte pour une poêlée de légumes. Du thé noir pour Patrick et du thé vert pour André accompagne les mets. Une heure s’écoule dans le continuel bruit de fond du centre commercial.
Après le repas le couple décide de se rendre au parc Lumphini. Devant l’entrée de la station National Stadium, André prend en photo un couple de jeune marié thaï en pause à côté de l’autel dédié au roi défunt. Telle une ravissante princesse, la jeune femme arbore une robe longue au large volume, en tulle et dentelle blanche et au bustier brodé. Le jeune homme porte un simple costume noir. Au premier plan de la photo, un bureau nappé de blanc, où trône un superbe bouquet de roses blanches et un léger fauteuil en dralon couleur loutre aux pommeaux des accoudoirs galbés en forme de cou de cygne permettent d’écrire sur le livre d’or ouvert sur la plaque de verre à la surface du plateau.
Une rame du train aérien dépose les deux voyageurs à la station Sala Daeng. Quelques instants plus tard le parc Lumphini se dévoile pour de nouveaux regards.
Deux heures de balade s’offre à André et Patrick. Le ciel est en nuances de gris clair. L’air est chaud et humide. Des chats se prélassent un peu partout. Des feuilles mortes mordorées racontent que c’est l’hiver en Thaïlande malgré la continuelle chaleur. Un gros matou crème et brun pavane sur un banc en bois peint en vert, quelque peu défraîchi. Le parc est sillonné. Une fontaine en pierre blanche en repos, composée de plusieurs vasques circulaires superposées, ornée de petites sculptures et d’angelots où les jets d’eau attendent de sortir de leur bouche délicate, trône au milieu d’une mare limoneuse. La salle de sport et de musculation en plein air est toujours en activité. Des garçons suent devant l’effort sans se préoccuper de la chaleur. Divers pavillons thaïs embellissent l’écrin de verdure. Des corbeaux noirs croassent à cœur joie par dizaines dans les arbres. Plus loin des mainates sont plus discrets. Un petit lézard, peut-être un futur dragon de Komodo s’immobilise au passage des promeneurs. Diverses étendues d’eau agrémentent le parc dont un petit lac où des pédalos sont en mouvement. Une variante d’une sphère armillaire propose de découvrir l’horoscope chinois. Vers la sortie du parc, un jeune homme en short rayé et tee-shirt bleu assis sur un banc en pierre est entouré d’une myriade de pigeons. Les appareils alentours entrent en action. André et Patrick réalisent le rêve de voler grâce aux Wings of Mexico, aux Ailes de Mexico, exécutées par l’artiste Jorge Marin. Tour à tour, durant quelques secondes, ils réalisent le rêve d’Icare en se glissant entre les ailes de bronze à l’étonnante légèreté en vol. Le long de la large allée d’accès au parc, quatre figurines casquées, ludiques et expressives, sensibilisent de différentes manières le promeneur vis-à-vis des déchets à recycler plutôt qu’à jeter au sol. Un panneau annonçant le prochain Thailand Tourism Festival dans le parc rappelle qu’au pays du sourire la population vit en 2560. Vers la sortie du parc deux petits chats batifolent. Une dame âgée passe en tirant péniblement deux sacs posés l’un sur l’autre sur un support à roulettes. Elle sourit franchement en voyant Patrick prendre son temps pour photographier les deux félins. Peut-être est-elle habituée aux touristes pressés qui visitent le parc en poulopant à grandes enjambées pour vaquer à bien d’autres activités. Le regard d’André croise celui d’un cycliste qui sort par une des grilles du parc. Il le gratifie d’un superbe sourire et lui lance à haute voix Happy New Year. André, touché, lui retourne son souhait de bonne année.
Un temps de détente se déroule au proche Starbucks du Silom Complex. La jeune Teeraya prend la commande d’un café américano siroté par Patrick. Une courte visite vers l’entrée du centre commercial permet de découvrir une multitude d’étals alimentaires dans le cadre de la Food Story qui s’y déroule au rez-de-chaussée du quatre au quinze janvier. La majorité des aliments sont inconnus, hormis la viande, et ceux emballés présentent tous des désignations en langue thaïe. Ce marché éphémère est simplement destiné aux thaïlandais.
André et Patrick retournent par le train aérien à la station Siam. Ils arpentent les allées du centre Siam Discovery pour découvrir les restaurants qui sont finalement peu nombreux et axés sur la viande. Ils retournent au Siam Centre pour dîner au restaurant Petite Audrey fondé par Janista Charoonsmith. André songe à Audrey, la gérante qui anime le restaurant Sur les pas de la petite botte situé à Annecy. Par ricochet il pense à sa cousine Monique qui lui a fait découvrir cet établissement de charme. Assis côte à côte sur un léger canapé deux places en bois, au cannage crème, agrémenté de coussins colorés, ils savourent un gratin de macaronis au parmesan agrémenté de champignons. Après une quarantaine de minutes dans le cadre chaleureux et attrayant du restaurant, aux fenêtres ouvertes décorées de guirlandes lumineuses, André et Patrick s’en retournent. Sur la porte d’entrée de chez Audrey une superbe couronne de fête rappelle celle offerte en 2007 aux parents du couple. Ils empruntent la nouvelle passerelle à la sortie du Siam Discovery pour retourner à l’Holiday Inn. Cette nouveauté évite de transiter par le centre MBK pour joindre l’hôtel ; la traversée de la chaussée des deux grands axes routiers étant impossible à pieds. Une quinzaine de minutes est offert ainsi au déroulement de la soirée consacrée majoritairement par André à la narration de la journée étoffée de recherches informatives et récréatives sur Internet. Patrick se détend sur son ordinateur ou sur l’iPad selon sa fantaisie. L’appel du sommeil se fait sentir et le couple entre au pays des rêves…




















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