vendredi 13 janvier 2017

Bonjour l’Australie, bonjour Sydney…

Les dix heures trente sont passées quand l’avion atterrit sur le tarmac de l’aéroport de Sydney, la ville la plus peuplée d'Australie. Le vaste complexe aérien se situe dans la banlieue de Mascot. Il porte le nom de Sir Charles Edward Kingsford Smith, Smithy pour les proches, un pionnier australien de l'aviation. Pour la petite histoire, en juin 1928, à bord de son aéronef trimoteur Fokker, en huit jours, il traversa pour la première fois dans l’histoire humaine l’océan Pacifique entre la Californie et l'Australie.
Après la descente du gros porteur André et Patrick remplissent un formulaire où différentes questions sont posées dont une bonne partie liée à l’alimentation. Un non est donné à toutes les demandes précises. Le contrôle des douanes est passé aisément, la valise de Patrick récupérée sans attente. Un adaptateur pour les prises de courant australienne est acheté auprès de la jeune Nisha, au sourire en vadrouille, chez WH Smith, pour quelques seize dollars, soit environ douze euro. L’appareil pleure selon le terme utilisé par Patrick ; deux des trois fentes sont inclinées et laissent à penser à des yeux larmoyants.
Quelques instants plus tard André et Patrick sortent de l’aéroport et entrent dans la saison estivale. Le ciel est grand bleu et un air chaud caresse la peau. L’hôtel cubique Rydges est situé à quelques pas. La chambre sept cent trente-sept est attribuée par une petite jeune femme à la chevelure auburn. La carte magnétique, capricieuse, permet d’accéder au septième étage, d’entrer dans la chambre et d’activer l’éclairage.  Les bagages sont déposés. Le couple retourne dans l’enceinte de l’aéroport pour déjeuner dans le hall des départs qui comporte un Food Court. Un retrait de dollars est d’abord effectué dans un distributeur de la banque Australia & New Zealand Bank. Les billets sont souples et d’une texture quelque peu élastique. Il est délicat de les ranger dans le porte-monnaie car ils rechignent à être pliés. A proximité de l’automate, un pilier en béton dévoile un plan du train qui relie le centre-ville et le port. Plus loin vers l’entrée de la gare souterraine, une carte du réseau tapisse tout un mur.
Dans l’aire de restauration, le choix des mets se porte sur le comptoir Soul Origin. Deux salades végétariennes sont achetées pour dix-huit dollars. Elles sont savourées dans l’espace commun où de nombreuses tables blanches sont réparties. A une table voisine, deux enfants asiatiques et leur mamie savourent consciencieusement une crème glacée à la vanille servie chacune dans un cornet de glace en biscuit. Une petite cuillère blanche en plastique permet de faire durer le plaisir. En face le logo rouge, jaune et blanc du comptoir Hungry Jacks ressemble à celui d’une franchise mondiale de burger qui vient de s’installer à Annemasse.
André regarde un enfant de six à sept ans qui marche à la suite de ses parents. Il s’arrête au milieu de l’allée, se courbe en avant la tête vers le sol et se gratte le mollet gauche. Il gesticule ensuite de tout son corps et se met à dansotter. Joyeux de vivre et gai comme un pinson, il chantonne. Ses parents s’étant éloignés sans se faire de soucis, il décide de les rattraper sans boussole. Tel un  rigolboche, il tire sa valisette sur la tranche pour laisser les roulettes se reposer. Le hall est très animé et l’enfant jovial passe inaperçu pour la quasi-totalité des voyageurs. Chacun chemine dans son monde, l’esprit orienté vers la destination et détaché de la musique créative du voyage qui se joue à chaque instant.
Après le repas, André et Patrick se rendent chez Gloria Jean’s Coffees à l’étage des arrivées. Café Mocha et thé Earl Grey sont commandés vers treize heures trente. Le couple s’installe dans un espace d’attente pour siroter les boissons chaudes. Sur la gauche, au bout de la rangée de sièges inclinés opposés, un enfant noir, la boule à zéro, s’amuse en se tortillant sur son siège. Il parle à haute voix à un personnage imaginaire de son univers. Ses parents sont calmement assis à l’autre extrémité.
L’après-midi se déroule dans le confort de la chambre. Il est consacré majoritairement à l’écriture, à la lecture, au repos et au surf sur Internet, selon la métaphore de Jean Armour Polly, une bibliothécaire et auteur américaine, la première personne associée à l’utilisation de ce mot. Un fauteuil bleu lavande, partiellement pivotant, et son pouf offre des instants de détente à Patrick qui glisse de temps à autre sur la vague du sommeil.
Après dix-neuf heures André et Patrick retournent au Food Court. Chez Mrs Fields Bakery-cafe Patrick opte pour une tranche pain brioché aux raisins toastée.  A la caisse, la charmante et sympathique Elsa, une jeune chinoise qui apprend la langue de Molliere à l’Alliance Française de Sydney, papote avec le couple. Elle est enchantée de cette rencontre. Elle adore la France. Chez Top Juice André se décide pour un smoothie à la banane mixé avec du yaourt et du miel. Pour terminer la collation, chez Grand Cru, un cake en forme de cube nommé Lamington, nappé de chocolat et de paillettes de noix de coco est sélectionné parmi le vaste choix du display. Arjun, un jeune homme brun  barbu, encaisse les six dollars du dessert.
La soirée se déroule paisiblement dans la chambre du Rydges. L’appel pressant de Morphée convie André et Patrick à le rejoindre pour une bonne nuit de sommeil.














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