Une nuit blanche découle des six heures de décalage avec la France.
Quand minuit carillonnent à Paris, les six heures du matin tintinnabulent à
Bangkok. L’Airbus A380 se pose vers cinq heures sur le tarmac de l’aéroport de Suvarnabhumi. Le complexe est vaste et
la marche est de mise dès la sortie de l’avion. Le contrôle douanier est passé
aisément. Patrick papote avec une jeune fille au visage asiatique rencontrée avant le vol. Sa valise, guettée par André, prend son temps pour sortir de la cale de
l’aéronef qui contient des centaines de bagages. Malgré la ressemblance de
certaines valises, chaque propriétaire reconnait immédiatement la sienne. La mémoire
photographique recèle un côté fabuleux. André et Patrick se dirigent dans les
entrailles de l’aéroport pour prendre le train SRT-City. Quelques centaines de bahts, rescapés
du précédent voyage en Thaïlande, permettent aisément d’acheter les tickets.
Ils transitent à la station Phaya Thaï
à six heures cinquante-six pour prendre le BTS, le train aérien, qui les dépose
un peu plus tard à la station National Stadium.
La majorité des personnes présentes dans les deux rames sont asiatiques. Leurs
doigts s’activent sur le clavier de leur
téléphone portable pour jouer ou surfer sur le web durant le trajet.
Après une courte marche, André et Patrick entrent dans le building design aux
cubes d’étages superposés en décalés de l’hôtel Holday Inn Express Siam Bangkok. Lydear, Lydia, les accueille à la réception à sept heures trente.
Un supplément est perçu pour accéder immédiatement à la chambre 1514
attribuée au quinzième étage ; le check
in étant normalement à quatorze heures. La vue panoramique embrasse une
partie de Bangkok dont le domaine de Jim Thompson au premier plan. Patrick se repose.
En sirotant de l’eau chaude, André croque des arachides grillées salées, achetées
dans un Seven Eleven à proximité.
Ensuite il allume l’ordinateur pour un temps d’écriture.
Vers onze heures trente André et Patrick découvrent fortuitement une
exposition de photos en traversant le Bangkok
Art & Culture Centre pour accéder à la passerelle qui surplombe la route Rama. Les photos sélectionnées expriment les émotions de la
population de la Thaïlande suite à la mort en octobre dernier de sa majesté
Bhumibol Adulyadej. Le Roi Rama IX, né en 1927 à Cambridge faussa la compagnie à
ses sujets en octobre 2016. Il fut couronné en 1950.
A la sortie de la passerelle André et Patrick entrent dans le centre
commercial MBK pour joindre une seconde passerelle qui enjambe la route Phayathai. Vers l’entrée, un lapin blanc
géant aux flancs léchés de courtes trainées de peintures, une sculpture de l’artiste
Lolay, un immense sapin vert garni d’une
envolée de cœurs rosés et de gros paquets cadeaux enrubannés constituent quelques
éléments de la décoration des fêtes de fin d’année du complexe mercantile. Trois
cœurs volumineux, aux couleurs du drapeau thaïlandais, se succèdent sur les
pavés en ciment gris devant l’entrée.
Quelques instants plus tard, ils pénètrent dans le restaurant Koko Thaï & Vegetarian Cuisine sur Siam Square Soi 3, ouvert il y a plus de
vingt ans. Ils sélectionnent un dôme de riz à la saucisse végétal, agrémenté de
paillettes d’œufs et de dés de légumes. Des rondelles de concombre escortent le
mets. Du thé Lipton Yellow est
siroté. La salle est pleine. Tous les autres convives sont asiatiques. Les
sonorités chantantes et aigues des conversations accompagnent le repas. Le noir
habille la majorité des personnes présentes, des femmes principalement.
L’addition, réglée à douze heures quarante, se monte à deux cent quarante
bahts, soit environ sept euro.
André et Patrick se dirige au Siam
Centre situé à une courte distance du restaurant. Ils dépassent une aire de
stationnement pour les motos et les mobylettes, aux carénages colorés, qui fourmillent
à Bangkok. A l’entrée André se prend en photo sur l’écran de la caméra de
surveillance. Une recherche d’un distributeur ATM les conduit au proche Paragon Centre. La décoration blanche
nappée d’or du complexe huppé dévoile des boules de Noël, des instruments de
musique et des figurines géants. Un immense portrait du nouveau roi Rama X trône sur la place entre les deux
centres commerciaux. Dans le Siam Paragon,
comme un peu partout au centre-ville, un somptueux autel, décoré de fleurs
blanches, est disposé sur une estrade en l’honneur de la mort du précédent roi.
André signe le livre d’or.
De retour au Siam Centre, un
petit gars au corps rouge et au visage blanc, avec un interrupteur en guise de
nez sur le visage et une ampoule jaune allumée à la place de son sexe, est
photographié. L’œuvre présentée dans un cylindre transparent se nomme Besto Boy.
Une trentaine de minutes de détente s’offre à André et Patrick au Coffee Gallery situé à l’une des entrées
du Siam Centre. Des cafés Mocha sont sirotées lentement. D’anciens moulins à
café en bois décorent une tablette dans le champ de vision. A une table
voisine, deux garçons thaïs dessinent manuellement sur une tablette numérique
tactile avec un crayon spécial. Les échanges réguliers de paroles génèrent un
fond musical qui accentue l’endormissement qui gagne le couple de temps à
autre. Il décide de retourner à l’hôtel pour une sieste.
Pour franchir la route Rama Un, surplombée majoritairement par les
monumentales structures porteuses en béton du train aérien, André et Patrick
transitent par le centre commercial Siam
Square One où ils sont arrêtés par la
neige. En fait il s’agit de l’enseigne, en un seul mot, d’un magasin de
cosmétiques. Sur le trottoir opposé au Siam
Centre, une partition musicale blanche géante ondule et commence son
envolée devant l’entrée principale. Une photo est prise. Sur le trajet
retour, un peu avant quinze heures, André achète une paire de chaussures de la
marque Stuttgart à l’échoppe Shoes Room au MBK Center. Celle achetée
voici un an s’était révélée d’un confort de marche incomparable.
La suite de l’après-midi se déroule tranquillement dans la chambre de
l’Holiday Inn. Ecriture, repos, lecture, surf sur le web, pause boisson chaude orchestrent
les minutes qui s’égrènent.
A la nuit tombée, André et Patrick retournent au MBK Center pour dîner.
Devant les marches de la station National
Stadium du train aérien un autel fleuri a pris place en hommage au roi décédé.
Dans un voile d’obscurité, l’immense sapin remarqué avant midi brille maintenant
de mille feux dans une parure scintillante d’or ; les branchages verts
sont est emmitouflé de billes lumineuses étincelantes. Des arachides sont achetées
au second niveau chez Thai Fruit. Les
sept étages du centre commercial sont arpentés pour dénicher un restaurant
incluant des plats végétariens dans sa carte. Le choix est très faible. Un Food Court propose des ilots culinaires de différents pays. Toutefois la présentation
des différentes préparations sous cellophane donne une sensation d’aliments aseptisés
peu accueillants. Le couple décide d’aller se restaurer chez Pizza Company au second niveau. Depuis les
escalators une vue panoramique d’une partie du centre s’offre aux regards. Des pâtes
aux champignons agrémentées d’une sauce à la crème, servies par le jeune Thanh Tong sont savourées.
Après le repas, le couple retourne nonchalamment à l’Holiday Inn.
Un temps de lecture participe au déroulement de la soirée. Morphée
accueille André et Patrick pour une bonne nuit de sommeil…
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