jeudi 5 janvier 2017

Flânerie au radar à Bangkok…

Une nuit blanche découle des six heures de décalage avec la France. Quand minuit carillonnent à Paris, les six heures du matin tintinnabulent à Bangkok. L’Airbus A380 se pose vers cinq heures sur le tarmac de l’aéroport de Suvarnabhumi. Le complexe est vaste et la marche est de mise dès la sortie de l’avion. Le contrôle douanier est passé aisément. Patrick papote avec une jeune fille au visage asiatique rencontrée avant le vol. Sa valise, guettée par André, prend son temps pour sortir de la cale de l’aéronef qui contient des centaines de bagages. Malgré la ressemblance de certaines valises, chaque propriétaire reconnait immédiatement la sienne. La mémoire photographique recèle un côté fabuleux. André et Patrick se dirigent dans les entrailles de l’aéroport pour prendre le train SRT-City. Quelques centaines de bahts, rescapés du précédent voyage en Thaïlande, permettent aisément d’acheter les tickets. Ils transitent à la station Phaya Thaï à six heures cinquante-six pour prendre le BTS, le train aérien, qui les dépose un peu plus tard à la station National Stadium. La majorité des personnes présentes dans les deux rames sont asiatiques. Leurs doigts s’activent sur le clavier de leur  téléphone portable pour jouer ou surfer sur le web durant le trajet. Après une courte marche, André et Patrick entrent dans le building design aux cubes d’étages superposés en décalés de l’hôtel Holday Inn Express Siam Bangkok. Lydear, Lydia, les accueille à la réception à sept heures trente. Un supplément est perçu pour accéder immédiatement à la chambre 1514 attribuée au quinzième étage ; le check in étant normalement à quatorze heures. La vue panoramique embrasse une partie de Bangkok dont le domaine de Jim Thompson au premier plan. Patrick se repose. En sirotant de l’eau chaude, André croque des arachides grillées salées, achetées dans un Seven Eleven à proximité. Ensuite il allume l’ordinateur pour un temps d’écriture.
Vers onze heures trente André et Patrick découvrent fortuitement une exposition de photos en traversant le Bangkok Art & Culture Centre pour accéder à la passerelle qui surplombe la route Rama. Les photos sélectionnées expriment les émotions de la population de la Thaïlande suite à la mort en octobre dernier de sa majesté Bhumibol Adulyadej. Le Roi Rama IX, né en 1927 à Cambridge faussa la compagnie à ses sujets en octobre 2016. Il fut couronné en 1950.
A la sortie de la passerelle André et Patrick entrent dans le centre commercial MBK pour joindre une seconde passerelle qui enjambe la route Phayathai. Vers l’entrée, un lapin blanc géant aux flancs léchés de courtes trainées de peintures, une sculpture de l’artiste Lolay, un immense sapin vert garni d’une envolée de cœurs rosés et de gros paquets cadeaux enrubannés constituent quelques éléments de la décoration des fêtes de fin d’année du complexe mercantile. Trois cœurs volumineux, aux couleurs du drapeau thaïlandais, se succèdent sur les pavés en ciment gris devant l’entrée.
Quelques instants plus tard, ils pénètrent dans le restaurant Koko Thaï & Vegetarian Cuisine sur Siam Square Soi 3, ouvert il y a plus de vingt ans. Ils sélectionnent un dôme de riz à la saucisse végétal, agrémenté de paillettes d’œufs et de dés de légumes. Des rondelles de concombre escortent le mets. Du thé Lipton Yellow est siroté. La salle est pleine. Tous les autres convives sont asiatiques. Les sonorités chantantes et aigues des conversations accompagnent le repas. Le noir habille la majorité des personnes présentes, des femmes principalement. L’addition, réglée à douze heures quarante, se monte à deux cent quarante bahts, soit environ sept euro.
André et Patrick se dirige au Siam Centre situé à une courte distance du restaurant. Ils dépassent une aire de stationnement pour les motos et les mobylettes, aux carénages colorés, qui fourmillent à Bangkok. A l’entrée André se prend en photo sur l’écran de la caméra de surveillance. Une recherche d’un distributeur ATM les conduit au proche Paragon Centre. La décoration blanche nappée d’or du complexe huppé dévoile des boules de Noël, des instruments de musique et des figurines géants. Un immense portrait du nouveau roi Rama X trône sur la place entre les deux centres commerciaux. Dans le Siam Paragon, comme un peu partout au centre-ville, un somptueux autel, décoré de fleurs blanches, est disposé sur une estrade en l’honneur de la mort du précédent roi. André signe le livre d’or.
De retour au Siam Centre, un petit gars au corps rouge et au visage blanc, avec un interrupteur en guise de nez sur le visage et une ampoule jaune allumée à la place de son sexe, est photographié. L’œuvre présentée dans un cylindre transparent se nomme Besto Boy.
Une trentaine de minutes de détente s’offre à André et Patrick au Coffee Gallery situé à l’une des entrées du Siam Centre. Des cafés Mocha sont sirotées lentement. D’anciens moulins à café en bois décorent une tablette dans le champ de vision. A une table voisine, deux garçons thaïs dessinent manuellement sur une tablette numérique tactile avec un crayon spécial. Les échanges réguliers de paroles génèrent un fond musical qui accentue l’endormissement qui gagne le couple de temps à autre. Il décide de retourner à l’hôtel pour une sieste.
Pour franchir la route Rama Un, surplombée majoritairement par les monumentales structures porteuses en béton du train aérien, André et Patrick transitent par le centre commercial Siam Square One où ils sont arrêtés par la neige. En fait il s’agit de l’enseigne, en un seul mot, d’un magasin de cosmétiques. Sur le trottoir opposé au Siam Centre, une partition musicale blanche géante ondule et commence son envolée devant l’entrée principale. Une photo est prise. Sur le trajet retour, un peu avant quinze heures, André achète une paire de chaussures de la marque Stuttgart à l’échoppe Shoes Room au MBK Center. Celle achetée voici un an s’était révélée d’un confort de marche incomparable.
La suite de l’après-midi se déroule tranquillement dans la chambre de l’Holiday Inn. Ecriture, repos, lecture, surf sur le web, pause boisson chaude orchestrent les minutes qui s’égrènent.
A la nuit tombée, André et Patrick retournent au MBK Center pour dîner. Devant les marches de la station National Stadium du train aérien un autel fleuri a pris place en hommage au roi décédé. Dans un voile d’obscurité, l’immense sapin remarqué avant midi brille maintenant de mille feux dans une parure scintillante d’or ; les branchages verts sont est emmitouflé de billes lumineuses étincelantes. Des arachides sont achetées au second niveau chez Thai Fruit. Les sept étages du centre commercial sont arpentés pour dénicher un restaurant incluant des plats végétariens dans sa carte. Le choix est très faible. Un Food Court propose des ilots  culinaires de différents pays. Toutefois la présentation des différentes préparations sous cellophane donne une sensation d’aliments aseptisés peu accueillants. Le couple décide d’aller se restaurer chez Pizza Company au second niveau. Depuis les escalators une vue panoramique d’une partie du centre s’offre aux regards. Des pâtes aux champignons agrémentées d’une sauce à la crème, servies par le jeune Thanh Tong sont savourées. Après le repas, le couple retourne nonchalamment à l’Holiday Inn.
Un temps de lecture participe au déroulement de la soirée. Morphée accueille André et Patrick pour une bonne nuit de sommeil…


















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