dimanche 8 janvier 2017

Le marché et le parc Jatujak se dévoi-lent à Bangkok…


Les heures de la matinée s’écoulent agréablement à l’Holiday Inn. Le petit-déjeuner et les activités ponctuent son déroulement.
Après onze heures trente, des gouttes de pluie escortent André et Patrick jusqu’au train aérien à National Stadium. Le coutumier contrôle des sacs est effectué avant d’accéder au quai. Durant le trajet la pluie s’amuse à lécher les vitrages du train. Le couple descend à la station Mo Chit située vers l’entrée d’un marché réputé. En sortant du wagon climatisé, au contact de l’air chaud, une buée se forme sur les verres de lunettes d’André ; le phénomène inverse de l’hiver en Haute-Savoie. La foule est au rendez-vous et les escalators déversent des cargaisons de thaïlandais où se faufilent les touristes. André et Patrick se dirigent vers l’entrée du Jatujak Market ou Chatuchak Market. Le marché des superlatifs, le plus grand de Thaïlande, qui se tient chaque week-end, s’exprime au travers de milliers de boutiques et d’étals en tous genres. La pluie a cessé et le ciel reste nuageux. Le parcours entre les échoppes voit se dresser latéralement une barre d’immeuble d’une dizaine d’étages qui semble à l’abandon. Les façades noircies par le temps sont bardées de câbles noirs et de filins divers. Les fenêtres et les baies sans encadrements ouvertes aux intempéries accentuent le côté dantesque de ce lieu frappé de désolation. Un commerçant muni d’une tringle évacue la pluie accumulée sur le store rayé rose et blanc de sa devanture. Les trombes d’eau tombent lourdement sur le sol avec des éclaboussures évitées par les passants indifférents.
Un peu plus loin un vaste Thaï Food Court bâché se dévoile où de nombreuses personnes déjeunent dans la bonne humeur. Les bavardages animés sont sonores. Divers ventilateurs brassent l’air chaud et humide. André et Patrick prennent place sur des tabourets en plastique rouge à une table commune nappée d’une toile cirée bleu roi. Ils sont rejoints quelques minutes plus tard par deux mamans chinoises, accompagnées de trois fillettes, qui s’expriment dans la langue de Shakespeare pour passer leur commande. L’anglais sert de passerelle entre les deux langages asiatiques. Le couple savoure une poêlée de légumes sautés servie sur un lit de riz blanc. Le prix des deux repas se monte à cent vingt bahts, soit environ trois euro.
La promenade se poursuit. Un étal à la devanture attrayante garnie de multiples gobelets en plastique remplis de fruits variés attendent le choix d’un chaland pour être mixés en smoothie. Plus loin une immense coupe en aluminium est remplie entièrement de petites billes roses alimentaires mystérieuses baignant dans un liquide onctueux. André et Patrick atteignent une des entrées principales du marché. Ils se prennent en photo entre deux petites tourelles blanches où on peut lire en anglais et en thaï les mots Jatujak Market. La découverte du marché se poursuit. Un thaïlandais en polo vert est croisé devant une profonde échoppe de vaisselle en faïence et porcelaine ; il porte un enfant dans ses bras qui dort paisiblement la tête posée sur son épaule gauche. Plus avant Patrick achète pour cent bahts un tee-shirt gris clair décoré de têtes de chats noirs. Les quatorze heures s’annoncent. Devant un étal à l’enseigne Fruit Shake Patrick commande un smoothie aux fruits mélangés pour se désaltérer. A l’étal voisin André opte pour un café Mocha. Un mini mixeur est avantageusement utilisé par la préparatrice pour mélanger les ingrédients du café Mocha. L’excellent breuvage, à trente bahts, à moins d’un euro, exhale un délicieux arome de café.
Lors de cette balade aux multiples scènes de vie expressives et attachantes, le couple remarque la présence régulière de petits étals où des sorbets colorés, vraiment faits maison, sont conservés au froid dans de fins cylindres métalliques trempés dans un large récipient à glace. Le prix est de cinq bahts, quelques quinze centimes d’euro. Avec des piécettes, une jeune fille thaïe achète un bâtonnet à la glace couleur framboise.
Dans le marché les services de nettoyage efficaces et la signalétique efficiente portent leurs fruits. Le sol est propre et les déchets sont déposés dans les poubelles.
Un reporter surprend par sa présence agenouillée derrière une grosse caméra posée au sol. Il filme assidument les pieds en mouvements des visiteurs.
Une pluie intermittente se manifeste de-ci de-là. À l’image des anglais, les thaïlandais sont flegmatiques, toutefois ils méconnaissent l’usage du parapluie ; sa vente est quasi inexistante dans Bangkok.
La variété des articles présentés est inouïe. L’abondance à des prix plus qu’attractifs est omni présente. André achète une trousse de toilette allongée, rose vif, pour cent bahts. Un couple de touristes croisé vient d’acheter chacun une valise de cabine ; probablement pour emporter à son domicile les souvenirs achetés sur le marché.
André et Patrick s’éclipsent du marché pour se diriger vers le parc Jatujak. Dans un stand sommaire installé sur un trottoir André achète pour cent bahts un pantalon de toile rouge décorée d’éléphants blancs et de motifs asiatiques.
A quinze heures ils pénètrent dans le parc. Une jeune fille thaïe, coiffée d’un chapeau de paille malgré l’absence de soleil, propose des tapis de détente colorés à la location pour vingt bahts. Le parc magnifiquement entretenu est un lieu de bien-être privilégié par la population. C’est un havre de paix et de farniente où il fait bon rêvasser, flâner et se prélasser au bord du lac traversé à divers endroits de séduisants ponts arqués pourvus d’arches de couleur terre de sienne. Des écureuils vivaces gambadent et batifolent sur les arbres. Des œuvres d’art, des sculptures sont harmonieusement disposées dans le parc parmi les massifs de fleurs et les ensembles paysagés luxuriants où se distinguent divers pavillons de charme. La pluie régulière et abondante évite aux arbres d’aller chercher l’eau de vie en profondeur dans le sol. Leurs racines courent loin sur le sol comme les veines sur le bras.
Le couple atteint bientôt l’extrémité du parc où un ensemble de terrasses circulaires, pavées pour certaines, se côtoient en s’étageant légèrement devant les vestiges d’un ancien pont à arches en pierre parsemé de lianes et de feuillages. Patrick prend André en photo assis sur un banc sous une charmille taillée en portique grâce au mariage des feuillages exubérant de deux arbres de même hauteur.
André échange un hug avec un jeune asiatique, photographe comme Patrick d’une rosace de feuilles mortes nuancées immortalisée antérieurement à cette étreinte spontanée.
La tour de l'horloge indique seize heures vingt en quittant le parc. André et Patrick retournent au marché pour se désaltérer avec un smoothie à la banane réalisé de main de maître par une jeune thaïlandaise à la dextérité étonnante. Les préparations glacées sont sirotées lentement assis sur un banc dans le parc devant les infrastructures du BTS dont la station Mo Chit est la dernière de la ligne du train aérien. Des joggeurs effectuent leur footing malgré la forte chaleur. Un couple de touriste qui donne des graines aux pigeons est sensibilisé par un agent de la sécurité à vélo ; il est interdit de nourrir les volatiles déjà très nombreux.
Lors du retour au centre-ville, dans la rame, Patrick est assis à côté d’un bel enfant thaï aux yeux noirs intenses qui gigote tranquillement sur son siège. A la station Siam les tickets des voyageurs sont systématiquement avalés par les portillons automatiques d'accès au quai. Sur l’esplanade entre les centres commerciaux Siam et Paragon un passage couvert a été installé pour protéger les clients qui traversent pour visitent les deux grands magasins.
André et Patrick sillonnent les allées du quatrième étage du Siam Centre pour trouver un restaurant pour le dîner. La persévérance est de mise pour dénicher des mets végétariens sur les menus compulsés. Ils entrent au restaurant japonais Zen. Un succulent plat de nouilles agrémentées de légumes et de tofu frais leur est servi.
Après un passage au magasin Bacc Shop du Bangkok Art & Culture Centre où l’ouvrage Mimetic Scene est acheté avec une carte postale vintage du dix-huitième siècle où Patrick remarque la figure d’un jeune homme à la coupe de cheveux étonnante digne de notre siècle ; Coco Chanel disait La mode c’est ce qui est démodé.
En chemin vers l’Holiday Inn pour passer la soirée André achète un demi ananas en morceaux à un jeune thaï dont l’étal est installé le long de la route Rama.
























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