lundi 13 février 2017

Brisbane - Orage

Au matin, les nuées voilent le ciel d’un tulle grisâtre. Quelques lambeaux d’azur apparaissent à travers ce tissu de lait caillé. Les rayons du soleil ont de la difficulté à traverser ce manteau cotonneux troué. Cependant la chaleur s’installe de bonne heure dans la ville de Brisbane. Une lumière lourde frappe contre les vitres et les yeux plissent devant cette lueur intense. 

Extrait : Ascension 2
A force de vouloir
Construire sa vie,
Il s’aperçut qu’il
Avait commencé
A mourir
Bien avant
Sa naissance.
Michel Chevrier

L’atmosphère semble dense et lourde. Une chaleur étouffante nous englue et nous avons du mal à respirer. Un édredon épais de nuages blanchâtre recouvre la ville de Brisbane. Parfois, un rayon de soleil brulant vient percer cette capote suante.
Nous mangeons au frais restaurant Govinda’s Vegetarian. La fraicheur de la salle permet de déguster notre repas. Les convives s’activent autour de nous car elles possèdent souvent une pause déjeuné courte.
Ensuite, nous décidons de boire un cappuccino au café Aromas. Comme toutes les tables sont occupées, nous allons au « Coffee Club » sur Adélaïde street en face de l’Anzac Square. Notre table à cheval entre l’intérieur et l’extérieur nous positionne un peu trop à la chaleur qui nous assomme un peu.
Nous décidons d’aller au King Edwards Park. Nous découvrons une installation de sculpture d’Arnaldo Pomodoro. Les pièces de bronze ont pour thème : Forms of Myth (1983). Nous admirons une pyramide, des murs verticaux concaves et une ogive. Nous grippons sur le flanc du parc pour atteindre une œuvre de Parr Robert : Still life with landscape. La sculpture me permet de prendre André à l’intérieur du tableau. Au sommet de la colline, nous découvrons un moulin qui est le plus vieux bâtiment de la ville Brisbane. A côté de King Edwards Park, nous entrons dans Wickham Park.
La chaleur accablante ne facilite pas la visite de la ville. Nous décidons de retourner au centre-ville. Nous entrons dans la Bibliothèque de Brisbane. Le bâtiment possède une forme moderne avec trois niveaux. Nous flânons entre les rayons pendant quelques minutes. Je découvre des revues. Des chaises permettent de nous installer tranquillement.
Je feuillette le numéro 197 de Black+White Photography Mag. Ce dernier aborde la photographie en noir et blanc. Quelques beaux clichés attirent mon regard, des paysages saturés avec beaucoup de contraste. Je note quelques artistes au passage.
Après, nous effectuons une pause au café Aromas. André prend un thé et je choisis un Moka. Ensuite nous terminons la balade en passant chez Coles pour quelques achats. Au retour, quelques gouttes d’eau s’écrasent sur le sol. De grosses tâches humides agrémentent le trottoir sec. Nous marchons de façon soutenue jusqu’à l’appartement.
Au l’abri au dix-neuvième étage, nous voyons le ciel s’assombrir. Rapidement une formation nuageuse épaisse et noire s’avance vers la cité de Brisbane. La pluie débute avec de la grêle puis des trombes d’eau dégouline des cieux. L’orage frappe de sa colère l’air chaud et humide. Une brume grisâtre recouvre l’horizon.
Puis soudainement vers le Mount Coot-tha l’horizon s’illumine. Une déchirure pastel vient éclairer le Sud-ouest de la cité. Des éclats lumineux lacèrent les nuées grises. Puis le disque solaire apparaît en ombre chinoise derrière le rideau de nuages. Il dispense quelques minutes une lumière blafarde puis il est de nouveau occulté par cumulus sombre. Les terres intérieures réapparaissent au lointain avec leur couleur de cendre. La pluie cesse et l’orage reste.
Ensuite, le soleil décline vers d’autres terres qui s’éveillent. L’éclaircie apporte des nuages incarnats s’effilochant derrière les collines de Brisbane. Une lueur vive lointaine illumine les terres intérieures. Pendant ce temps l’orage continue son spectacle pyrotechnique. Les grondements roulent et parfois heurtent les vitres de l’appartement. Les éclats lumineux claquent apportant une clarté inattendue qui nous fait sursauter.

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