Au matin, les nuées voilent le ciel d’un tulle grisâtre.
Quelques lambeaux d’azur apparaissent à travers ce tissu de lait caillé. Les
rayons du soleil ont de la difficulté à traverser ce manteau cotonneux troué.
Cependant la chaleur s’installe de bonne heure dans la ville de Brisbane. Une
lumière lourde frappe contre les vitres et les yeux plissent devant cette lueur
intense.
Extrait : Ascension 2
A
force de vouloir
Construire
sa vie,
Il
s’aperçut qu’il
Avait
commencé
A mourir
Bien
avant
Sa
naissance.
Michel
Chevrier
L’atmosphère semble dense et lourde. Une chaleur
étouffante nous englue et nous avons du mal à respirer. Un édredon épais de
nuages blanchâtre recouvre la ville de Brisbane. Parfois, un rayon de soleil
brulant vient percer cette capote suante.
Nous mangeons au frais restaurant Govinda’s Vegetarian.
La fraicheur de la salle permet de déguster notre repas. Les convives
s’activent autour de nous car elles possèdent souvent une pause déjeuné courte.
Ensuite, nous décidons de boire un cappuccino au café
Aromas. Comme toutes les tables sont occupées, nous allons au « Coffee
Club » sur Adélaïde street en face de l’Anzac Square. Notre table à cheval
entre l’intérieur et l’extérieur nous positionne un peu trop à la chaleur qui
nous assomme un peu.
Nous décidons d’aller au King Edwards Park. Nous
découvrons une installation de sculpture d’Arnaldo Pomodoro. Les pièces de
bronze ont pour thème : Forms of Myth (1983). Nous admirons une pyramide,
des murs verticaux concaves et une ogive. Nous grippons sur le flanc du parc
pour atteindre une œuvre de Parr Robert : Still life with landscape. La
sculpture me permet de prendre André à l’intérieur du tableau. Au sommet de la
colline, nous découvrons un moulin qui est le plus vieux bâtiment de la ville
Brisbane. A côté de King Edwards Park, nous entrons dans Wickham Park.
La chaleur accablante ne facilite pas la visite de la
ville. Nous décidons de retourner au centre-ville. Nous entrons dans la
Bibliothèque de Brisbane. Le bâtiment possède une forme moderne avec trois
niveaux. Nous flânons entre les rayons pendant quelques minutes. Je découvre
des revues. Des chaises permettent de nous installer tranquillement.
Je feuillette le numéro 197 de Black+White Photography
Mag. Ce dernier aborde la photographie en noir et blanc. Quelques beaux clichés
attirent mon regard, des paysages saturés avec beaucoup de contraste. Je note
quelques artistes au passage.
Après, nous effectuons une pause au café Aromas. André
prend un thé et je choisis un Moka. Ensuite nous terminons la balade en passant
chez Coles pour quelques achats. Au retour, quelques gouttes d’eau s’écrasent
sur le sol. De grosses tâches humides agrémentent le trottoir sec. Nous
marchons de façon soutenue jusqu’à l’appartement.
Au l’abri au dix-neuvième étage, nous voyons le ciel
s’assombrir. Rapidement une formation nuageuse épaisse et noire s’avance vers
la cité de Brisbane. La pluie débute avec de la grêle puis des trombes d’eau
dégouline des cieux. L’orage frappe de sa colère l’air chaud et humide. Une
brume grisâtre recouvre l’horizon.
Puis soudainement vers le Mount Coot-tha l’horizon
s’illumine. Une déchirure pastel vient éclairer le Sud-ouest de la cité. Des
éclats lumineux lacèrent les nuées grises. Puis le disque solaire apparaît en
ombre chinoise derrière le rideau de nuages. Il dispense quelques minutes une
lumière blafarde puis il est de nouveau occulté par cumulus sombre. Les terres
intérieures réapparaissent au lointain avec leur couleur de cendre. La pluie
cesse et l’orage reste.
Ensuite, le soleil décline vers d’autres terres qui
s’éveillent. L’éclaircie apporte des nuages incarnats s’effilochant derrière
les collines de Brisbane. Une lueur vive lointaine illumine les terres
intérieures. Pendant ce temps l’orage continue son spectacle pyrotechnique. Les
grondements roulent et parfois heurtent les vitres de l’appartement. Les éclats
lumineux claquent apportant une clarté inattendue qui nous fait sursauter.
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