dimanche 5 février 2017

Marché sur Little Stanley Street...

Dans le royaume des rêves André rencontre à plusieurs reprises Mireille Mathieu et devient un familier de la chanteuse.
Au lever un nuage à la masse impressionnante, tel un vaisseau menaçant, semble lourd de conséquence s’il ouvre ses vannes.
Dans la matinée André cherche une rallonge dans les placards de l’appartement pour approcher une lampe vers l’ordinateur quand il écrit à la nuit tombée. Il trouve divers objets et flacons en tous genres dont certains à l’usage ignoré, des produits ménagers et d’entretien corporel mais aucune rallonge ; le long cordon d’un appareil pour lisser et boucler les cheveux l’ayant leurré. Il s’étonne de la quantité de substances à disposition des locataires dont aucune n’a encore été utilisées depuis leur arrivée.
Grâce à une recherche effectuée par Patrick sur Internet, le déjeuner offre de découvrir, au centre Myer sur la rue Queen, le comptoir alimentaire Vege Rama, fondé et ouvert voici huit ans par Ruchi. De la moussaka végétarienne emporte les suffrages parmi l’offre proposée. Le Food Court est envahi du brouhaha sonore des conversations. André propose d’aller savourer le mets sur un banc dans un des squares de la rue Queen, animée malgré le jour chômé. Une dame âgée aux vêtements colorés, munie d’un casque bigarré, se promène sur une trottinette ; elle déborde d’énergie et passe sans s’attarder.
Après le repas André et Patrick se rendent sur la rue Tank pour emprunter le pont piétonnier Kurilpa dans le dessein d’atteindre la rive sud de la rivière. Contre toute attente, dans une aire de repos le long du pont où ils prennent des photos, ils voient surgir la mamie en trottinette venue se reposer un court instant pour partir de plus belle. Quel tempérament dynamique ! La superbe structure légère blanche à haubans est riche d’une multitude de mâts, de câbles et de filins hérissés, hirsutes et  ébouriffés qui donne la sensation de traverser un vaisseau du futur. Un auvent protège une partie du pont sur toute sa longueur. Il se termine par une passerelle en boucle qui dépose les marcheurs au niveau du sol vers la galerie d’art moderne. Sous la passerelle un campement de fortune est installé ; deux personnes dorment sur une couverture étendue sur l’herbe sèche. Au cœur de la courbe générée par la passerelle, un flamboyant a élu domicile. Epanoui, l’arbre se déploie généreusement et laisse des branches traversées les rambardes. André glisse ses doigts sur une ramure naissante douce comme le velours.
Devant la galerie d’art moderne un éléphant est renversé la tête sur le sol. Un volatile lustre son plumage à son côté sans se préoccuper de la masse en équilibre de l’animal qui se demande peut-être si le monde est tombé sur la tête. La bibliothèque de l’état du Queensland est traversée pour joindre la place Stanley où le couple s’attend à trouver le marché dominical. Le premier dimanche du mois est consacré aux jeunes créateurs de Brisbane. Les artistes mettent en vente les objets d’arts qu’ils conçoivent et réalisent eux-mêmes. Cependant la place est vide. Ils se déplacent aux alentours proches vainement. Toutefois des œuvres d’arts, intégrées dans des ensembles paysagés, sont admirées dont une sorte de bestiole métallique géante en équilibre sur trois pieds. Un jeune homme sympathique au sourire éclatant les renseigne à l’accueil de la bibliothèque. Le marché se situe à une dizaine de minutes à pied le long de Little Stanley Street. André et Patrick marche sous le soleil le long de la rue Grey pour joindre le site. Les zones d’ombre sont rares. En chemin, devant le Queensland Performing Arts Centre, un espace en devenir dévoile un long mur décoré de peintures artistiques expressives. Un petit crochet permet de prendre quelques photos des œuvres qui parlent au couple. Sous l’une d’entre elles les mots Speech could not endure what the mind conceives, traduits sur l’instant par La parole ne pouvait supporter ce que l'esprit conçoit, donnent à réfléchir.
Le marché est atteint. La petite rue Stanley, bordée de restaurants et de cafés, a offert sa chaussée à des dizaines de comptoirs qui s’apparentent à de petites tentes en toile blanche ouvertes sous des toitures légèrement pyramidales. André et Patrick découvrent les créations présentées. Sur un étal des cahiers, carnets, calepins et petits livres variés, réalisés entièrement à la main en papier recyclé par Dyani Evans. Au travers de sa société Little Deer studio, elle apporte la papeterie avec l'âme. Une accroche séduisante coiffe les nombreuses réalisations originales. On peut lire Je créée les pages, vous créez l’histoire. Le couple s’attarde pour effleurer les couvertures des ouvrages aux feuilles blanches. Le marché se continue sur Stanley Street Plaza. La flânerie sous la forte chaleur incite à forcer le pas.
A l’angle de Little Stanley et Ernest Patrick se désaltère chez Dot Espresso avec un jus orange carotte lime. Il s’assoit avec André sur la terrasse pour siroter la boisson juste réalisée. Au carrefour des deux rues, dans les airs, un cycliste funambule en haut de forme, un équilibriste en carton blanc, évolue sous une corde raide dans la plus parfaite indifférence des estivants qui font des va-et-vient depuis la plage pour emporter de quoi se désaltérer.
Plus loin sur la rue, une plaque informe qu’en d’autres temps, Little Stanley Street fut le point d’arrivée des colons ; le quai accueillait alors les bateaux à vapeur qui faisaient du commerce avec Sydney.
Une plage de rue se dévoile dans une petite lagune aménagée au bord de la rivière. Des arches recouvertes de bougainvilliers fuchsias font une haie d’honneur aux visiteurs qui sont sous le charme de ces passages fleuris qui jalonnent la plage artificielle au sable fin disposée harmonieusement le long de la rive. Les piscines, les espaces de jeux, les zones engazonnées pour s’allonger au soleil, les havres de végétations luxuriantes se veulent une oasis de détente paradisiaque au cœur de la ville. La baignade dans le spacieux bassin principal est surveillée ; un lagon de rêve dans un petit atoll cerné jalousement par les gratte-ciels.
André et Patrick longent le bord de la rivière où des mosaïques colorées sont incorporées dans le trottoir de la promenade ombragée par endroits grâce à la présence de rangées d’arbres. Plus loin au bord de l’eau, dans un espace engazonné aux gradins semi-circulaires partiellement ombragés, l’artiste Sharon Brooks se produit avec deux musiciens dans le cadre des Sunday Sessions on the Green. Elle chante devant un public enthousiaste.
Un phare surprend par sa présence dans le musée maritime qui termine la promenade. Patrick suggère de traverser le pont piétonnier qui domine les installations où un navire de guerre en retraite est à visiter. Devant l’accès au pont, d’autres arches aux bougainvilliers fuchsias s’offrent aux regards devant une bâtisse d’angle dont les balustrades et les frises blanches de la terrasse du premier étage font penser à une maison coloniale de la Nouvelle-Orléans. Au centre du tablier, une plaque indique le nom du pont et sa date de mise en service ; le Goodwill Bridge fut inauguré en grandes pompes voici un peu plus de quinze ans. Sur la rive sud, la tour de l’horloge de l’édifice South Brisbane Municipal Chambers se laisse admirer au travers de la végétation du parc War Memorial.
André et Patrick retournent sur la rue Queen en longeant la rive du fleuve. Ils parviennent à l’embarcadère de North Quay. L’ascenseur est utilisé pour accéder au niveau de la rue. Sur la place Reddacliff un genre de vide grenier se termine. Il s’agit du Suitcase Rummage, un mini marché vraiment original. Les exposants  arrivent avec juste deux valises remplies à ras bord de tout ce qu’ils souhaitent vendre. L’ambiance est décontractée, les flâneurs farfouillent, les bavardages sont enjoués. Une jeune assise en petite tenue dans une mare de vêtements colorés se protège du soleil avec une ombrelle
André sirote un smoothie banane, lait d’amande et glace pillée de chez Oasis Juice sur le banc d’un des squares de la rue piétonne. Son regard et celui de Patrick sont attirés par le grand écran qui pense à diffuser de la publicité en boucle. La mamie à la trottinette s’en est allée autre part.
Le retour à la résidence s’effectue par la rue Roma après un passage devant la mairie. Au niveau des bâtiments de la Cour Suprême, des touristes asiatiques se prennent en photo devant des milliers d’yeux qui semblent flotter en chantant sur une surface oblique.
La soirée offre de voir le soleil décliner lentement, nimber d’or les nuages en vadrouille et disparaitre comme un petit Vésuve derrière les collines…






























Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire