Au lever le bleu saphir de la rivière Brisbane contraste avec la toile
aigue-marine du ciel. Les nuages dorment encore autre part. L’attrayante
construction aux formes cubiques de l’auberge de jeunesse Chill Backpackers, aux atours bleu maya soulignés de blanc, au
toit-terrasse bien exposé et à la tourelle carrée, se dessine nettement au
premier plan depuis la chambre.
En fin de matinée, André et Patrick marchent vers le centre de la
cité. Ils arrivent devant l’hôtel de ville juste au moment où le carillon mélodieux
de la tour de l’horloge annonce midi. Ils se rendent au café Aromas pour déjeuner où des mets végétariens
sont présents à la carte. Un choix commun se porte sur un Pumpkin & ricotta roll, un rouleau de pain plat et allongé
fourré à la courge et au fromage ricotta, servi avec une petite salade composée.
Un cappuccino et un thé rooibos sont sirotés en fin de repas en lisant la
presse. Sur le Sydney Morning Herald
un article sur les agissements de François Fillon interpelle Patrick. En
sortant du café, André et Patrick croisent le couple british observé hier qui s’apprête à entrer. La dame est déçue de
voir toutes les places occupées. André dirige alors le couple vers la table libérée
cachée à son regard. Un thank you sir
le remercie de son attention.
André et Patrick se rendent à l’hôtel de ville pour une visite du
musée de Brisbane situé au troisième étage du vaste bâtiment. La structure de
la voûte centrale blanche est magnifique. L’entrée est gratuite. L’exposition Story Bridge est découverte. Une série
de photos minimalistes en noir et blanc de Carl Warner dévoile des détails de
divers ponts de la ville empruntés chaque jour par des milliers d’usagers. Dans
un autre espace du musée, un autoportrait de cent citadins ordinaires, au
milieu de vie, aux histoires, aux croyances et aux origines multiples qui façonnent leur personnalité, attire l’attention par son côté interactif.
Tous différents, ils composent une partie de la trame de la communauté citoyenne
de Brisbane. Les portraits des cents visages, numérotés bizarrement en pourcentage,
sont présentés sur une paroi. André et Patrick sont captivés. Il participe,
chacun de leur côté, à un questionnaire sur un terminal d’ordinateur. Les réponses
de chaque participant, intégrées à la base de données, sont mises en parallèle avec
celles des cent résidents. Les trois profils les plus rapprochant apparaissent
sur l’écran. Ben, Heather et Chris sont les trois personnes dont les histoires
personnelles présentent des points communs avec André. Tout cela est fascinant même
si certaines questions sont posées de manière ambiguë. Cet instantané en temps
réel de la ville est attachant et à des kilomètres des sondages impersonnels.
A la sortie du musée, une opportunité se présente pour monter à quinze
heures au somment de la tour de l’horloge, du campanile qui ressemble à celui
de la place Saint-Marc à Venise. Durant la dizaine de minutes d’attente, André
feuillette le livret regroupant les résumés de vie des cent citadins. L’ascenseur
d’origine en bois et en fer, muni de grilles, d’une porte coulissante, d’un module
de commande manuelle à levier, grimpe jusqu’au faîte de la tour avec huit personnes
à son bord au maximum ; sept curieux sont dans la nacelle qui s’élève lentement.
L’employé, qui effectue la montée à de nombreuses reprises durant la journée, débite
des informations en mode automatique. Il parle très vite et ses propos sont peu
compréhensibles. Le panorama embrasse le centre-ville. Le superbe édifice religieux
néo-gothique Albert Street Uniting Church,
en briques rouges, aux garnitures en calcaire blanc, au toit en ardoise, ressemble
à un modèle réduit. La façade aux papillons est photographiée. La température
au sommet est de trente-trois degrés.
Une fois la visite terminée, André et Patrick entrent dans le café Shingle Inn repéré par Patrick dans l’enceinte
de la mairie. Everill, une charmante
dame qui boitille en se déplaçant, accueille le couple. André lui rappelle son brother in law, son beau-frère
hollandais. Théière de thé rooibos, café macchiato, cake orange amande et mini
tour au chocolat accompagnée d’une boule de glace vanille sont commandés et
appréciés dans une petite loge, un petit boudoir, aux assises et aux parois en
bois d’acajou ou de palissandre. La salle de style
Tudor, climatisée, semble froide. Un différentiel d’environ huit degrés avec la
forte chaleur extérieure explique cette sensation qui s’estompe progressivement.
Les minutes s’effacent agréablement. Le café va fermer. Derniers clients, André
et Patrick se retirent.
Devant la mairie des œuvres d’arts et des statues sont photographiées
dont deux kangourous en bronze. Avant de retourner à la résidence en longeant
la rivière, le journal Sydney Morning
Herald est acheté pour trois dollars. Patrick souhaite lire et découper
quelques articles.
Le grand coquillage doré Nautilus
est photographié sur Queen en
arrivant à George. La place Reddacliff,
aux diverses sphères argentées décoratives, est traversée. En bordure du
fleuve, le couple est hésitant sur le trajet à suivre. Un cycliste passe, s’arrête et indique la
meilleure façon de se rendre à North Quay.
André et Patrick suivent une voie piétonne et cyclable aménagée tout au long de
la rivière. Les fondations du pont Victoria sont impressionnantes. Les mots Queen Street sont peints sur un pilier
sous le tablier du pont. La marche s’effectue sous le chaud soleil. Les
cyclistes et les joggers se croisent. Le couple passe sous le pont piétonnier Kurilpa qui est admiré et pris en photo.
Une quinzaine de minutes suffit pour arriver à destination. La silhouette de la
tour Park Regis se dessine sur fond
de ciel bleu.
La soirée s’annonce chaude. La douce climatisation de l’appartement
régule la température. Après le dîner, le soleil s’estompe aux regards. Des
nuances or, pourpre et rouge s’emparent de l’horizon derrière les collines aux
confins de la cité. Des éclairs orageux éclatent à l’horizon et colorent les
nuages amoncelés qui menacent la ville...
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