Un flot de nuages se déverse sur le ciel de Brisbane. Une
diversité de forme se superpose pour former un long fleuve grisâtre roulant
vers le nord. Vers les confins, une langue d’azur résiste à la déferlante des
nuées. Les terres de l’ouest reçoivent les rayons secs du soleil. Le Mount
Coot-Tha s’illumine quelques instants lors d’une déchirure nuageuse.
Extrait : Maisons suédoises solitaires
La maison sur une île du fleuve
Qui couvre ses premières pierres.
Une fumée constante – on brûle
Les documents secrets de la forêt.
Tomas
Tranströmer
Les nuages au ventre plat continuent à défiler sur un
ciel morcelé. Nous mangeons au restaurant Govinda’s Vegetarian. Nous remarquons
quelques habitués. Notre conversation s’oriente vers les déboires des
politiciens en France. Même dans la presse australienne note la situation
singulière de la politique français. Nous effectuons quelques parallèles,
toutes proportions gardées, avec les Etats-Unis.
Lorsque nous sortons, le soleil perce à travers les nuées
fractionnées. Nous remontons George street jusqu’à la place Raddacliff.
Quelques minutes après notre arrivée, deux cappuccinos arrivent sur notre table
alors que nous n’avons pas encore passés à la caisse. Qui nous les a commandés
à notre place ? Le mystère restera entier.
Le ciel s’assombrit. Seul l’horizon connaît un intermède
lumineux.
Un gros nuage sombre s’installe au-dessus du Mount
Coot-Tha. Quelques touches de pinceaux violacées viennent éclairer cette masse
grise de Payne. Le soleil effacé glisse tel un fantôme au loin de la montagne.
Puis dans un nouvel effort, quelques menues nuées s’empourprent soulignant la
fin de la journée.
Puis ce fut le tour des confins à s’enflammer. Le
mélange entre les filaments gris et les roses s’entremêlent pour créer des
rayures lumineuses dans les terres intérieures vers l’ouest. La nuit s’invite
et la voute céleste s’enfonce dans la noirceur.
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