dimanche 12 février 2017

Découverte de la rue Charlotte à Brisbane...

Au lever, le ciel saphir continue de magnifier la coupole céleste. La journée privée de la présence des nuages sera brulante sur le stadium.
Durant la matinée André navigue sur les vagues du temps, voyage avec les lettres de l’alphabet, s’exprime dans la création littéraire via le clavier de l’ordinateur, cabote de mots en mots à proximité des aiguilles de l’horloge sans s’apercevoir de leur mouvement immanquablement régulier. Il est surpris quand son regard se porte au bas à droite de l’écran indiquant que midi est proche.
Patrick et André se rendent au centre Myer sur Queen Street pour le déjeuner. L’écran digital semble saluer le couple en s’attachant à la précision ; il indique trente-deux degrés. La vive chaleur de l’air se focalise sur les visages. Les zones d’ombre sont privilégiées sur la rue George. Le Food Court du centre commercial  est animé. Les conversations génèrent un brouhaha ininterrompu plutôt bruyant. Les mets sont choisis chez Vege Rama. André jette son dévolu sur une moussaka végétarienne. Patrick opte pour du riz brun aux légumes thaïs. Ils déjeunent dans la rue piétonne sur un banc légèrement ombragé adossé à un espace de végétation arborée. Un groupe de jazz donne un concert un peu plus haut sur la rue piétonne. Les sonorités accompagnent le repas. Une agence de voyage, grande ouverte sur la rue, propose majoritairement des vols d’avions. Depuis le banc, le couple voit défiler sur l’écran principal suspendu à l’intérieur, comme dans les aéroports, les vols proposés dont certains pour Paris ou Le Cap. Divers séjours et croisières étoffent les propositions en défilant en boucle sur un écran au bord du trottoir.
Une dame courbée à l’apparence âgée tournaille dans le quartier avec un déambulateur qui transporte toute sa fortune. André l’a déjà remarquée dans la rue. Elle porte un manteau gris clair rayé de discrètes bandes rose, troué par endroits, qui s’apparente à une couverture en coton. Tout en passant lentement devant le couple, André voit qu’elle mordille un aliment indéterminé, peut-être une pomme.
Après le repas, le Weekend Autralian est acheté au kiosque Rankins on the Mall situé sur la rue piétonne au carrefour des rues Queen et Albert. Le marchand de journaux spécialisé vend aussi des billets de transport, des cartes téléphoniques, des billets de loterie et autres produits variés. Le journal coûte trois dollars cinquante. Il manque cinq centimes dans la monnaie disponible. Le jeune vendeur blond fait un signe à André qui s’apprête à sortir un billet ; avec le sourire, il fait cadeau des cinq centimes manquants. Le couple remercie le sympathique garçon qui sait fidéliser sa clientèle.
Patrick et André se rendent ensuite à Riverside en suivant tour à tour Queen et Creek Streets. Ils sirotent chacun un cappuccino au café The Coffee Club dont la terrasse couverte donne sur la rivière. Bella, un diminutif pour Isabella, accueille le couple. André ajoute bellissima avec l’accent italien. La jeune fille blonde à la chevelure en queue de cheval sourit à pleines dents et invite le couple à prendre place où il le désire. Une brise rafraichissante s’engouffre de temps à autre dans le café. L’animation au bord de la rivière est faible pour un dimanche. Les deux bateaux à roues se reposent amarrés au terminal Eagle Street Pier. L’accroche publicitaire du café est présente sur les soucoupes et un peu partout dans la salle. Sous le logo on peut lire where will I meet you. La phrase est construite de façon à donner volontairement un sens large à sa signification ; la traduction peut donner Où je veux te rencontrer ? André apprécie pleinement ce temps de farniente ; jamais il n’aurait pensé vivre ces instants à l’époque de son parcours professionnel où il travailla de nombreuses années sept jours sur sept.
Il est temps de chercher le marché dominical, annoncé sur Internet le long de la Promenade de Riverside, qui va se terminer à quinze heures. Les quatorze heures approchent quand Renée encaisse le montant des deux cafés.
La Promenade est arpentée jusqu’au jardin botanique, tout comme la rue Eagle en parallèle du fleuve. Le marché est introuvable. La forte chaleur exceptionnelle et la présence du tournoi de Rugby expliquent peut-être son absence. André et Patrick atteignent Admiralty Towers II Park. Le parc en terrasses sur trois niveaux, très structuré avec ses jardins arborés, délimités par des murets et des massifs circulaires plantés d’arbres, descend sur la rive depuis la rue Queen. A sa base, il offre une vue dégagée sur le Story Bridge. Escaliers et passerelles inclinées sont à la disposition des promeneurs. Sur la terrasse au bord de l’eau, trois sculptures en grès en forme de nœuds de marins de Simon Perry se dévoilent.
La Promenade est suivie jusqu’au parvis de la tour Riparian où le couple se repose un instant à l’ombre du gratte-ciel sur un des murets en marbre gris reconstitué. La chaleur étouffante est tamisée par le souffle de la brise. André et Patrick décident de partir à la découverte de la rue Charlotte qui commence à l’intersection de Creek et Eagle Streets.
Divers bâtisses de caractères se dévoilent. Les façades anciennes de certains édifices de charme ont été conservées ; les buildings implantés dans les ossatures disparues affleurent parfois carrément leurs figures sans le moindre état d’âme.
Patrick et André passent devant la façade accueillante de la Chocolaterie San Churro. Ils entrent pour découvrir le lieu et se proposent de revenir plus tard pour des instants de détente, la fermeture étant annoncée à vingt-deux heures. Un peu plus loin sur le trottoir d’en face, la silhouette étroite en briques rouges de l’étonnant édifice John Mills Himself invite à la contempler. La librairie Archives, tout aussi étonnante, a pris place dans ses murs. Elle annonce la présence d’un million de livres dans sa caverne d’Ali Baba. Fermée le dimanche, sa découverte sera pour une autre fois.
Plus étonnant encore, un peu plus haut sur la rue, l’église en briques rouges St Luke's Church a rendu l’âme en laissant le café restaurant The Pancake Manor l’envahir de la nef jusqu'au chœur. Le couple entre pour découvrir l’ancien lieu de culte dédié maintenant au péché de gourmandise. Crêpes, gaufres et autres douceurs sont proposées à la carte avec un vaste choix de boissons. Cerise sur le gâteau, contrairement aux horaires limités de l’édifice religieux lors de sa vie antérieure, pour sa nouvelle vie festive, il est ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept.
André et Patrick retournent à la chocolaterie pour y passer le restant de l’après-midi. Ils s’installent sur une banquette en skaï orange, le dos callé par des coussins rayés. Julian leur apporte thé Earl Grey et camomille pour étancher leur soif. La carte variée est consultée lentement. Le magazine encarté dans le journal acheté est feuilleté. Les clients se succèdent aux différentes tables alentours. André quitte ses sandales pour se mettre plus à l’aise. Le sablier du temps s’inverse plusieurs fois avant une seconde commande. Julian laisse sa place à Sev, une charmante dame originaire de Turquie qui a salué André avec quelques mots de français lors de leur arrivée. Elle apporte un Cold Hot Choc à Patrick, un chocolat chaud onctueux où se baigne une boule de glace à la vanille. Ensuite, elle concocte pour André un Iced Chocolate au lait d’amande agrémenté d’une boule de glace vanille et de brisures de chocolat. Une barre chocolatée maison Dark est achetée pour une dégustation ultérieure. Les breuvages sont savourés lentement dans le confort du lieu de charme et de bien-être. Sev est chaleureusement remerciée en partant.
Avant de retourner à l’appartement, André et Patrick se rendent chez Uniqlo sur Queen Street. La jeune Grace encaisse le prix de deux tee-shirts avant la fermeture.
Sur un mur perpendiculaire proche de la mairie le long de la rue Albert André prend en photo deux portraits dont celui du fringant Monga Khan coiffé d’un turban rouge, un colporteur, chamelier et commerçant qui contribua à la croissance de l’économie blanche australienne. Ces deux effigies artistiques incombent à l’artiste de rue Peter Drew qui est à l’origine du projet intitulé Qu'est-ce qu'un vrai Aussie ?
Un passage au second étage de la tour Regis permet de faire connaissance avec la piscine à ciel ouvert sur la terrasse.
Avant dix-neuf heures, les passerelles et les escaliers en provenance du stade déversent des cargaisons de spectateurs qui se dirigent vers la gare en passant devant la caserne de pompiers. Depuis le dix-neuvième le défilé groupé et nourri donne une impression de fourmis pressées. Les comportements indolents laissent à penser que l’équipe d’Australie sera gagnante une autre fois.
Ecriture et lecture embellissent la soirée après un diner frugal…



























Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire