Hommages
Il cherche à encercler nos
vies adultes
Dans la ville routinière, le
paysage routinier.
Tomas
Tranströmer
Les nuées grises recouvrent
entièrement le ciel de Kuta. Une averse tropicale déverse ses flots abondants
pendant que nous prenons le petit-déjeuner. Les activités de la plage se
trouvent suspendues en attendant l’accalmie. Les plagistes se regroupent sous
une tente dont la toile se déforme sous le poids de l’eau. De temps en temps,
ils secouent le trop plein. Puis quelques déchirures d’azur trouent les nuages.
Les hirondelles reprennent leur vol sous une pluie légère. Les rayons du soleil
filtrent entre les nuées.
Un peu après neuf heures
trente, le chauffeur Wilos arrive devant l’hôtel « citadine ». Il
conduit dans les rues de Kuta avec dextérité en se faufilant dans la
circulation épouvantable de Bali. Les motocyclettes doublent aussi bien à
droite qu’à gauche, et viennent parfois en contre-sens. Wilos s’arrête devant
un immeuble pour prendre sa sœur. Il nous demande, sans vraiment attendre une
réponse négative, si cela nous gêne. Cela ressemble fortement à de la
manipulation.
Nous allons en direction de
Segugul vers un des trois volcans de l’île. La route offre les mêmes aspects
que celle qui conduit vers l’est de Bali. La seule différence notable est que
nous grimpons en attitude. En effet, les monts culminent vers deux milles
mètres autour du cratère.
En route, nous sommes
bloqués sur la route. Le chauffeur nous dit dans un premier temps qu’il y a
probablement un accident. En fait, c’est l’accumulation de car scolaire qui
rend le passage devant le centre commercial de Taman Joger. Des centaines
d’enfant sortent des bus pour faire leur course. Des dizaines de car
s’agglutinent dans le parking.
Ensuite, nous effectuons un
arrêt pour siroter un café sur le flanc de la montagne. Le soi-disant
« Hidden Garden » est en fait un commerce qui vend du chocolat et du
café. Il propose une dégustation, non gratuite, des produits qu’ils
commercialisent. Dans un champ, nous voyons une personne portant un grand
chapeau cueillir des fleurs. Au-dessus, j’aperçois un autre commerce du même
type que « Hidden Garden ».
Puis, nous continuons à
gravir la montagne. Plus nous montons, plus l’air devient frais. Quelques
hôtels semblent abandonnés, l’endroit est prisé par un fort tourisme local qui
n’a pas besoin de couchage. Les lacs des volcans offrent un cadre idéal pour
les photos de mariage et le pèlerinage des croyants.
Nous arrivons à Danu Bratan
dans le cratère du volcan. Le lac se trouve à notre droite. Déjà de nombreux
véhicules stationnent. Nous devons payer un droit d’entrée de cinquante mille
chacun, c’est gratuit pour le chauffeur et sa sœur.
Le Paru Ulun Danu Bratan est
bâti sur un îlot relié à la berge par un petit pont étroit en bois. Les deux
temples possèdent une architecture caractéristique de Bali : les meru. Les
toits se superposent pour former une sorte colonne cannelée. Nous découvrons
aussi un stupa qui est revêtu de drap doré.
Sur le site, André achète un
couvre-chef traditionnel de l’Indonésie. Puis, nous allons au Jardin Botanique
qui se trouve à quelques minutes du sanctuaire. L’orage gronde sur le
contrefort du cratère. Le ciel devient sombre. Même quelques gouttes d’eau
tombent sur le sol.
Le parc semble vraiment
immense. Sur le guide, il indique cent cinquante-quatre hectares. Nous visitons
quelques serres puis nous décidons de repartir. Ce jardin botanique n’est pas à
taille humaine. Il est parfait pour faire des piqueniques.
Nous repartons. Le chauffeur
nous conduit vers un restaurant avec une vue magnifique. Au bout d’une
vingtaine de minute après avoir croiser une longue file de cars et de voiture
qui montaient en direction des temples, nous arrivons sur le lieu. Nous voyons
s’étaler sur le flanc du volcan les terrasses de plantation de riz. Par contre,
le buffet est une arnaque. Pour cent cinquante mille roupies, nous avons droit
à de la nourriture qui grille depuis des heures dans de l’huile noirâtre.
Intoxication garantie ! En plus, la patronne me semble désagréable. Nous
nous passons de repas. Je retrouve le chauffeur et sa sœur qui mangent dans un
autre restaurant. Nous lui indiquons la situation. Sans trop s’émouvoir, il
termine son repas puis nous conduit à l’hôtel.
Après cette journée
éprouvante, nous marchons sur la plage de Kuta à la nuit tombante. Les couleurs
des rayons du soleil teintent une fenêtre au-dessus de la mer agitée. De vastes
rouleaux grondent au loin pour venir s’échouer sur le sable ocre. Le pourpre
des nuées vient se refléter sur la plage mouillée. Des amoureuses viennent se
photographier devant le beau coucher de soleil. André les prend un cliché avec
leur appareil téléphonique. Des adolescents jouent au football sous le vent
changeant, un peu frais puis quelques bouffées de chaleur. La soirée efface les
couleurs et nous retournons à l’hôtel.
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