Journal de voyage africain
C’est le passage difficile
entre deux façons d’être.
La route est encore longue
pour qui est loin devant.
Tomas
Tranströmer
La lune, rognée par le bas,
descend irrémédiablement embrasser la mer. Des nuées déchiquetées glissent sur
le ciel d’azur de Bali. Quelques hirondelles tournoient autour d’un arbre aux
feuilles vertes et aux fleurs jaunes. Elles papillonnent sans cesse comme
affolées. Les vagues s’écrasent doucement sur le sable ocre sans bruit et sans
fracas. Tranquillement le matin s’éveille à la vie. Aujourd’hui c’est l’anniversaire
d’André et aussi ma fête.
Vers onze heures, le
chauffeur Willy nous emporte dans sa voiture blanche vers l’est de l’île de
Bali. Nous traversons les kilomètres de l’agglomération de Denpasar, la
capitale. Des maisons, des commerces s’alignent le long de la voie. Je remarque
des nombreuses échoppes de monuments religieux dédiés essentiellement aux
divinités indous, Shiva, Ganesh etc. Etrangement, l’état des routes semble excellent.
Le seul point négatif est la circulation. Les véhicules ne respectent ni la
vitesse, ni les lignes séparant les voies. En plus, les motocyclettes qui
paraissent majoritaires s’aventurent des deux côtés de la chaussée et parfois
en contre-sens. La conduite demeure stressante aucunement adaptée pour les
occidentaux.
A treize heures, nous
arrivons sur les lieux. Les constructions reposent sur le flanc de la colline
qui dévale vers la mer en contre-bas. Des rizières utilisent la pente pour
créer des terrasses emplies d’eau. Le ciel semble chargé d’humidité. Avant d’entrée
dans les lieux, nous devons nous acquitter d’un droit de trente mille roupies
chacun. Avec ce sésame, nous pouvons entrer par le grand portique
caractéristique de l’architecture locale, une porte massive en pierre sans
montant au sommet.
Nous sommes accueilli par un
couple d’animal de chaque côté du passage. Les sculptures étant fortement
abimées par les humidités, il est difficile de déterminer leur nature. Ensuite,
juste avant de prendre l’escalier qui conduit vers les premiers bassins, deux Paons
gardent l’entrée suivit de deux poulains en bas des marches.
A notre gauche, nous
découvrons un pont en pierre richement décorée. Les deux balustrades comportent
chacun un dragon qui ouvre leur gueule pour protéger le gué. Nous accédons
ainsi une terrasse entre deux bassins d’eau où des statues aux figures
monstrueuses montent la garde. Au centre une série de fontaines agrémente la
longueur de la pelouse. De l’autre côté, un autre pont enjambe les flots. De
chaque côté des marches se dressent deux gros serpents à la tête rugissante,
des nagas.
Nous suivons l’allée jusqu’à
un autre escalier encadré de chaque côté d’une statue colorée de Sidakurya, le
démon local. Puis au sommet, deux sorcières aux longs ongles protègent l’accès
à la salle de la cour. La construction est composée de deux structures une
vaste salle ouverte aux quatre vents pour les courtisans et un carré plus élevé
pour le raja et sa famille.
Ensuite, nous montons jusqu’à
une plateforme en passant devant une fontaine dédié à une déesse. Nous atteignons
un théâtre à ciel ouvert encadré par des sculptures de personnages mythiques de
l’art dramatique traditionnel de Bali inspiré des épopées de Shiva. Le sol
révèle des symboles de différentes religions : zen, tao, bouddhiste et hindouiste.
Puis, nous accédons à la
fontaine centrale. Une colonne (la tige) s’élève vers le ciel où se déverse les
eaux dans des vasques (sorte de lotus) de plus en plus grands à fur et à mesure
en descendant. Vers l’est, dans un grand bassin circule des poissons de toutes
les couleurs. Nous pouvons marcher sur les eaux en sautant sur des plaques
représentant des fleurs. Nous parcourons le chemin où nous croisons de nombreux
touristes. La gueule ouverte d’énormes bêtes déverse les flots dans le réservoir.
Après cette promenade sur
les eaux, nous montons au restaurant-hôtel Tirta Ayu pour se restaurer. Nous
commandons un smoothie avocat pour André et Ananas pour moi accompagné d’un
plat végétarien et d’un samossa au chocolat. Nous avons une vue privilégiée sur
l’immense parc aquatique.
Après un dernier tour, nous revenons à la voiture pour
retourner à l’hôtel vers les seize heures. Le trajet me semble interminable. La
circulation paraît difficile et dense. De nombreuses motocyclettes roulent dans
tous les sens. Deux fois, un chien traverse la route et les véhicules doivent
freiner subitement. Nous arrivons au studio le soleil est déjà descendu
derrière la mer et nous sommes fourbus. J’ai quelques minutes pour effectuer des
photos de dernier instant du coucher de l’astre du jour.
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