Des enfants chahutent en gambadant dans le
couloir durant la nuit. André se réveille et se rendort. L’affiche à l’entrée
des couloirs indiquant la plage horaire sans bruit de vingt-deux à six heures
du matin est ignorée par un grand nombre de clients. L’empathie des vacanciers
est restée à leur domicile.
Aujourd’hui c’est la journée mondiale de la poésie,
une impulsion pour cet art qui affleure toutes les sphères de la vie.
Lors du petit-déjeuner à la terrasse du buffet,
André constate l’absence de la fourgonnette de cubes de glace et de celle des
boissons. Des casiers rouges, où se lit le nom d’une marque de soda bien connue,
sont empilés sur le trottoir au bord de la chaussée. Dans la matinée Patrick
effectue une lessive à la blanchisserie de la résidence. L’utilisation des lave-linges
et des séchoirs est gratuite.
A midi, André et Patrick déjeunent à la terrasse
de la paillote. Les mets agrémentés d’épices, servis artistiquement dans leur
corbeille, sont toujours aussi savoureux dans leur simplicité. Après le repas,
la direction du centre Beachwalk est prise.
Chez The Coffee Bean le couple qui s’installe
en terrasse est accueilli et servi à table par Ibrahim dont le sourire est toujours aussi radieux. Patrick sirote
un cappuccino. André décide de tester la saveur d’un Green tea latte, d’une boisson chaude au thé vert Matcha. Chacun savoure
une part de cheese-cake au chocolat noir. Les regards se promènent alentours
durant ces agréables instants de détente et de douceur gourmande. Le
va-et-vient des touristes est continuel.
Plus tard, André et Patrick se rendent au Foodmart pour acheter des cotons tiges,
remisés à vingt pour cent, et une barquette de fruits du dragon. Le sachet de
deux cents bâtonnets revient à cinq mille cent roupies, soit environ
trente-cinq centimes d’euro. Lors du paiement, la jeune caissière s’aperçoit immédiatement
d’une erreur de prix. Il correspond à un seul des deux fruits en morceaux contenus
dans la barquette. Elle agit promptement, effectue une annonce au micro pour
modifier l’étiquetage des autres barquettes et demande à André sa validation
pour le nouveau prix conforme à son achat. L’employée subjugue le couple par
son efficacité, sa présence d’esprit et sa délicatesse. En quelques secondes
tout rentre dans l’ordre. Du jamais vu.
Il se rend ensuite chez Jimmy Rod’s au dernier niveau du centre commercial pour
une potong rambut, une coupe de
cheveux. Le coiffeur qui a coupé admirablement les cheveux des deux français
est en congé. Les circonstances effacent le projet de Patrick qui retourne avec
son mari à la résidence. Rosa Rina les
accueille à la réception. Elle se charge de réserver la navette pour demain
quatorze heures et gratifie le couple d’un départ tardif du studio demain à la même heure, grâce à son statut de membre
du groupe Ascott.
A quinze heures trente, l’enregistrement en ligne
du vol de demain est effectué sur le site de KLM. L’opération est effectuée avec
brio en quelques minutes. Les boarding
passes, les cartes d’embarquement sont imprimées à la réception après
l’envoi sur un mail interne du Citadines des documents reçus de la compagnie aérienne
néerlandaise.
Plus tard, lors d’une pause à la paillote, une
fillette et son petit frère s’approchent d’André et Patrick dans le dessein évident
de leur faire acheter un bracelet artisanal. Ils parlent dans leur langue
natale et sont écoutés avec le sourire tout en sirotant une boisson. André se régale
avec un jus d’avocat et Patrick avec un smoothie ananas. Les deux enfants sont
persévérants. La fillette parvient la première à amadouer Patrick avec un bracelet
tressé en cuir noir attaché à son bras. Il sort vingt mille roupies de son carnet
de voyage. Elle détale en poussant des cris de joie une fois le billet entre
ses mains. Son frère continue de baragouiner allégrement pour parvenir à ses
fins. Il a déjà attaché, avant sa sœur, un bracelet en cuir or et noir autour
du poignet d’André qui s’est laissé faire. Sa candeur et sa persévérance finissent
par porter leurs fruits. André, sous le charme de ce bambin aux yeux noirs, aux
dents de lait en partie récupérées par la souris, au sourire éclatant de
naturel, sort à son tour un billet de vingt mille roupies du porte-monnaie. L’enfant
exulte de joie, gesticule avec bonheur et court rejoindre sa sœur sur le trottoir.
Cette joie de vivre invite André à sortir l’appareil photo. Les charmants garnements
se prêtent avec une gaieté et une spontanéité attachante joie à une courte séance
de photo. Les gosses étant sans cesse en mouvement, quelques instants plus
tard, ils s’évanouissent pour de nouvelles conquêtes commerciales. Avant de
quitter ce lieu de bien-être avec deux jus de citrons, André est pris en photo
entre les deux garçons de la paillote.
Les jus sont sirotés dans le studio. André œuvre sur
l’ordinateur et Patrick sur l’iPad. Après dix-huit heures, ils se rendent sur
la plage pour assister au coucher de soleil. Ils constatent avec surprise que la
mer a rejeté à marée haute des centaines d’artefacts sur le sable dont des branches
et des morceaux de troncs d’arbres. La vision est loin d’être paradisiaque. La
conduite des touristes est sanctionnée par les vagues qui régurgitent les déchets
humains. Les vagues sont fougueuses et se déchainent. Un marchand passe pour tenter
de vendre une sorte de sarbacane ouvragée en bambou. Il effectue une petite démonstration
éloquente d’efficacité. L’arme est en stock dans un balluchon
en toile, démontée et pliée dans du papier journal. Patrick pense que son usage
est destinée à attraper des poissons. Malgré la persévérance du vendeur, l’offre
est déclinée. Le ciel est en nuances de gris clair, les nuées changent de forme
sous les caresses d’un vent frais et chaud à la fois. Le disque solaire participe
en coulisse à ce camaïeu de gris en mouvement. Un surfeur persiste dans l’eau à
se hisser sur les rouleaux sans vraiment y parvenir. La nature est la plus
forte…
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