Les formules de l’hiver
Et ce que j’étais
« moi »
N’est plus qu’un mot
Dans la bouche de la nuit de
décembre.
Tomas
Tranströmer
Le ciel est empli de nuages
gris menaçant. Quelques zébrures d’azur percent la masse des cirrus. Le ballet
de la plage commence dès le matin, avec la mise en place des transats, des
parasols, et la venue des caisses de boissons.
Les oiseaux noirs aux
ventres blancs continuent leur vol autour de leur arbre préféré devant l’hôtel
où nous observons ces scènes de vie en prenant le petit-déjeuner.
Ce sera pour nous l’année
des deux étés et deux automnes, un dans le tropique du capricorne, et un autre
dans celui du cancer (dans notre hémisphère). Car ici, c’est le premier jour de
l’automne.
« Ogoh Ogoh », ce
sont d’énormes monstres en papier mâché que nous trouvons un peu dans chaque
village. Hier, nous en avons vu beaucoup en cours de construction. Ces statues
seront transportées pour attirer les démons aux carrefours des routes. Puis les
prêtres effectueront un exorcisme pour les éliminer. Et finalement, les
« Ogoh Ogoh » seront brûlés. Le lendemain sera un jour de silence contre les démons qui
auraient échappé à l’holocauste.
Le 27 mars de cette année,
lors de la cérémonie Nyepi, l’île sera totalement paralysé aucune circulation
ne sera autorisée, personne marchera dans les rues, et l’électricité ne
fonctionnera pas. L’objectif est de faire croire aux démons que l’île est
devenu vide afin qu’ils partent tourmenter les hommes ailleurs.
Un vent fort soulève les
feuilles et les rideaux en bois de la paillotte. Nous mangeons au « BaliFruits
& Pie » un riz avec des légumes. Puis nous allons au « The coffee bean
& Tea Leaf » nous prenons un cappuccino avec un gâteau au
chocolat pour André et un cheese-cake au chocolat pour moi.
Une importante formation
nuageuse recouvre la plage de Kuta. D’énormes volumes gris et sombres se
déplacent au gré des éléments. Deux vents contradictoires s’opposent, un chaud
qui provient de la terre et un autre plus frais qui vient de la mer. Les vagues
mousseuses se déchaînent et viennent s’écraser sur le sable ocre.
Un moment, une formation de
cinq oiseaux vole de concert haut dans le ciel. Vers l’horizon, la lumière de
la ville scintille comme des diamants au bord de l’eau. Une masse de nuées
noire y stagne déchirée parfois par un éclair vif. Un grondement sourd vient
ponctuer cet éclat de lumière. Ce soir, les couleurs se déclinent en nuance de
gris comme l’océan agité.
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