jeudi 23 mars 2017

Vols Singapour - Colombo - Dubaï...

En Asie, les horloges, les caisses enregistreuses, les terminaux de paiements et autres appareils sont régulièrement en décalage avec l’heure effective. Le réveil de la chambre vit quinze minutes en avance dans le futur. Hier soir, cette avancée temporelle s’est soustraite aux regards ; ce matin le couple s’est levé un quart d’heure plus tôt que prévu.
Les neuf heures sont passées quand Patrick et André déjeunent au restaurant Azur, au design sobre et moderne, de l’hôtel Crowne Plaza. Le buffet se répartit sur les deux ailes de la vaste salle à l’éclairage tamisé. Une possible attention envers le voyageur encore ensommeillé, régulièrement soumis au décalage horaire et aux nuits courtes. Le choix est conséquent et les mets abondent dans une diversité étonnante. André a l’heureuse surprise de découvrir des noix de pécan. Il les agrémente de cerneaux de noix laiteux entièrement privés de leur fine membrane. Il s’agit peut-être d’une variété inconnue ; peler la peau quand la noix est fraiche est facile mais quand elle est sèche cela relève d’une gageure. Il accompagne les oléagineux de deux bananes, d’un petit pain au chocolat, d’une mini crêpe et d’une friture inconnue en forme de lainière. Patrick s’offre une farandole de viennoiseries trempées dans du café. Après le repas, avant de retourner dans la chambre, le couple découvre l’hôtel durant une quinzaine de minutes. Une piscine originale se situe au troisième niveau. Le bassin conséquent est partiellement agrémenté d’îlots rectangulaires plantés de palmiers et de végétation. Le nageur évolue le long des canaux nés de cet agencement insolite. Les damiers en verre opaque du fond de la piscine sont visibles depuis l’étage inférieur ouvert sur la réception en contrebas. Les façades de l’hôtel s’apparentent à un moucharabieh design garni de branches d’hélices et ajouré d’ouvertures ovalisées en forme d’œil.
La chambre est spacieuse et bien agencée. Les vitrages transparents de la salle de bain sont décorés de grosses fleurs blanches. Elle dévoile une baignoire îlot blanche, monobloc et ovale, lambrissée de bois clair. Elle invite à faire trempette. Tour à tour, André et Patrick se délassent dans un bain. Les minutes défilent sans se préoccuper des activités des uns et des autres. Midi approche et le couple doit libérer la chambre. Le règlement de la nuitée est finalisé à la réception. La galerie est suivie pour joindre le terminal trois qui se dévoile aux regards.
André est subjugué par sa perception visuelle. Il se trouve dans une immense installation dont l’ampleur évoque en lui la centrale énergétique des Krells sur la planète Altaïr IV.  Le design de la toiture le plonge directement dans le noyau de la planète interdite de par sa perspective sur une profondeur sans fin. Il est comme hypnotisé par les lignes et les formes sous la toiture qui génèrent une illusion d'éloignement et d’espace infini. Le hall des départs est atteint. Le comptoir de Sri Lankan Airlines va ouvrir. Premiers arrivés, André et Patrick voient se former une file d’attente derrière eux. Une fois le feu vert donné, les deux valises cabines sont enregistrées. Le contrôle des bagages à main et des passeports est effectué.
Quelques instants plus tard le couple entre dans le salon Sats Premier Lounge. Patrick s’installe dans un fauteuil et déjeune. André se positionne devant une tablette qui lui permet d’œuvrer sur l’ordinateur. Il diffère son repas après treize heures. Ils savourent alors des crudités, des olives noires et un curry de riz aux légumes. Durant son repas, un homme vient tailler un petit massif d’orchidées pourpre et parme situé sur un meuble à gauche de l’ordinateur. André voit décoller et atterrir les avions au travers de l’occultation des vitrages. Avant de reprendre son ouvrage sur l’ordinateur, il sirote un cappuccino en dégustant une bouchée de forêt noire et une autre de gâteau à la mousse de chocolat.
Le salon est quitté vers quatorze heures trente. La direction de la salle d’embarquement est prise. L’œuvre Evolution de l’artiste Gao Xiaowu retient l’attention le long du trajet. Elle représente la métamorphose extravagante et colorée d’un requin. Plus loin, André et Patrick retrouvent les Wings of Mexico, exécutées par l’artiste Jorge Marin, découvertes le samedi 7 janvier dans le parc Lumphini à Bangkok. Ils endossent les ailes d’Icare un court instant avant de reprendre leur chemin.
Ils sont accueillis à bord de l’avion par Ayesha, une superbe hôtesse élancée à la chevelure noire retenue en chignon. Les motifs et la couleur bleu turquoise chatoyante de son uniforme s’apparentent à la parure du paon. L’avion prend son envol après quinze heures. André regarde le film Boyhood qui retrace la vie de Mason de l’âge de six ans jusqu’à son entrée à l’université. Ensuite il commence la projection de The Amazing Spider-Man. De son côté, Patrick regarde le film Doctor Strange. L'histoire raconte la vie d’un talentueux neurochirurgien après un tragique accident de voiture qui le plonge dans une autre réalité.
Après un vol de trois heures cinquante, l’airbus A330 atterrit à l’aéroport de Colombo au Sri Lanka à seize heures quarante heure locale, soit dix-neuf heures dix à Singapour et à Bali qui se trouve dans le même fuseau horaire. André et Patrick sortent de l’appareil et se rendent au salon Lotus Lounge dont l’agencement est relativement dépouillé. Le couple dîne d’un curry de riz aux légumes. André s’offre une part de cake aux fruits en sirotant un cappuccino. Il œuvre ensuite sur l’ordinateur posé sur le bureau d’un des quatre box du Business Center. Quarante minutes avant le décollage suivant, André et Patrick se rendent à la salle d’embarquement située dans le même couloir. Contre toute attente, alors qu’ils sont en transit, ils sont amenés à passer un contrôle des bagages, positionné entre deux salles. Avant de passer sous le portique de sécurité, les chaussures et les ceintures doivent être quittées et déposées dans un bac sur le tapis roulant. Une fois le contrôle terminé André manque de se tromper de vol en prenant à gauche. Patrick le rattrape par la manche. Les places assises dans la salle étant toutes occupées, ils restent debout vers la porte d’accès à la passerelle. L’embarquement dans un autre Airbus A330 commence quelques instants plus tard. Kalani, vêtue du même superbe uniforme qu’Ayesha, accueille le couple qui s’installe au même rang et aux mêmes places que le vol précédent. L’avion décolle à dix-huit heures quarante heure locale. André poursuit la projection du film interrompu lors de l’atterrissage du vol précédent. L’histoire de Peter Parker est ponctuée parfois de scènes cocasses qui déclenchent des rires. Patrick regarde le film 300 qui retrace le récit épique du roi Léonidas et de ses trois cents spartiates lors de la bataille des Thermopyles. Le célèbre chocolatier belge porte le nom de ce roi. La durée du vol étant de quatre heures quarante, André enchaine avec le film Docteur Strange et Tooth Fairy, un film familial empreint de merveilleux sur la Fée des dents ; la reine des fées est jouée par la superbe actrice Julie Andrews très à l’aise dans son rôle. L’histoire est drôle, les protagonistes sont attachants et l’intrigue empreinte de magie. De son côté Patrick poursuit avec un film en langue chinoise sous-titré en anglais et en arabe. La traduction semble escamoter certains contenus de phrases au regard de la longueur des tirades des acteurs et de la courte traduction apparaissant au bas de l’écran.
L’avion atterrit à l’aéroport de Dubaï à vingt-et-une heure cinquante, heure locale. Il est bientôt deux heures du matin à Singapour. André imagine une sortie rapide de l’aéroport. Que nenni, un parcours du combattant commence. Des couloirs sans fin sont suivis, un train aérien qui slalome sur les rails en manquant de déséquilibrer les voyageurs est emprunté, une file d’attente interminable est intégrée pour le contrôle des passeports et la  délivrance du visa d’entrée. Toutes ce cheminement dure plus d’une heure. Les hommes en blanc et les femmes en noires tamponnent comme des robots des centaines de passeports. Après ces instants générateurs de fatigue, André et Patrick récupèrent les deux valises, effectuent un retrait de dirhams dans un distributeur à vingt-trois heures et intègre la file d’attente des taxis. Ils sont déposés une trentaine de minutes plus tard devant l’hôtel M by Millennium, l’ancien Radisson Blue selon le bordereau de réservation effectuée voici plusieurs mois. La chambre deux mille deux au vingtième étage leur est attribuée par la personne présente à la réception. Il est bientôt minuit ; à Singapour, il est quatre heures du matin. La journée a été longue. André et Patrick entrent dans les bras de Morphée avec plaisir…
































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