mercredi 29 mars 2017

Escale au port Khor Fakkan, une enclave de l’Emirat de Sharjah…

Au lever à six heures, les reliefs accidentés des côtes de l’Emirat de Fujaïrah se dessinent imperceptiblement au travers d’une brume opaque. Une vingtaine de minutes plus tard, elle s’estompe pour révéler un splendide canevas de nuées églantine peintes artistiquement sur un ciel céruléen.
A sept heures, des filaments cotonneux s’évanouissent discrètement pour laisser la voute céleste se magnifier en bleu azur.
André et Patrick montent au pont quatorze pour le petit-déjeuner. Ils s’installent à une table à tribord au buffet Zanzibar. Un séisme ébranle le bateau lors de l’amorce d’une manœuvre latérale pour l’amarrage. Un gémissement plaintif s’empare de la structure du navire qui trépide et vibre fortement durant plusieurs minutes. L’intensité sonore du tremblement artificiel couvre les bavardages des passagers. André ralentit le rythme de sa collation durant le phénomène inexistant sur les dernières générations de paquebots. Une part de tourte aux pommes termine son repas à la partition itérative. Les papilles de Patrick se réjouissent chaque matin à l’arrivée en bouche des viennoiseries trempées dans du café.
Un temps en cabine précède un départ avant huit heures quinze. Le couple se rend au pont six. André s’assoit au dernier rang du théâtre pour éviter de descendre les marches conduisant devant la scène où Patrick reçoit de l’équipe d’animation le macaron numéroté indiquant quel autocar va les emmener en excursion. Ils prennent place dans le bus trente-quatre après avoir reçu un visa journalier à la sortie du navire. Les passagers sont accueillis par Myriam, une guide francophone, originaire de Malte, souriante et enjouée. Le port entouré de murs à hauteur d’homme, coiffés régulièrement de fils de fer barbelé spiralés, ressemble à une forteresse. L’aspect des bâtiments ocre sable de la zone protégée est strict et dépouillé. Un garde conduit tant bien que mal le bus de façon chaotique en dehors de l’enceinte où le chauffeur civil Vikki prend le relais.
La direction de la ville de Dibba est prise pour joindre un site historique. Une vingtaine de minutes plus tard, le bus se range sur le bas-côté de la route. Les voyageurs découvrent un fortin portugais en pierre ocre sable du désert qui domine la petite mosquée carrée d’Al Bidya, coiffée de quatre dômes diversement spiralés, surmontés d’un téton. La lourde structure ramassée, imposante malgré sa petite taille, est percée sur chaque côté de deux lucarnes obstruées par de petits barreaux arachnéens. Patrick gravit les marches empierrées de l’éminence rocheuse, parsemée de blocs de pierre, pour atteindre le sommet. André grimpe la pente en suivant l’étroite rocade caillouteuse qui borde les degrés. Malgré la faible hauteur de la colline, un panorama se dévoile. La mer est à portée de vue. Une cité oasis très étendue, aux constructions basses, se dessine en contrebas. Derrière le fortin aux meurtrières crénelées, fermé à la visite, une palmeraie aligne sa fratrie d’arbres plantés en alignement. Une tourelle en contrebas témoigne de l’ancienneté de la forteresse morcelée par plus de cinq siècles d’existence. Quelques arbres, aux troncs tortueux et aux écorces rainurées par la sécheresse pour certains, perdurent parmi la rocaille couverte par endroits d’arbustes maigrichons et de broussailles enchevêtrées qui résistent au dessèchement. Seuls quelques cactus s’épanouissent sur le sol aride à proximité d’un ancien puits dont la margelle en pierre est coiffée de trois poteaux en bois assemblés en triangle où un seau en métal noir, pendu à la jonction, est oublié de tous. Un jeune arabe sourit par deux fois à André. Tout en vérifiant les tenues vestimentaires, il veille à ce que les profanes quittent bien leurs chaussures pour pouvoir pénétrer dans la mosquée. Certaines personnes reçoivent l’interdiction d’entrer. La durée de la visite étant limitée à vingt minutes, Patrick qui surveille le déroulement des minutes, indique qu’il est temps de retourner au bus.
Le chauffeur fait demi-tour. Le long du parcours, un périmètre immense est entouré sur des kilomètres d’une chaîne continue de cloisons blanches enjolivées d’un cadre de couleur vert d’eau, arrondi aux angles. Elles sont réunies par des poteaux carrés de même couleur dont certains dépassent en hauteur pour s’élever vers le ciel. A intervalles réguliers, le sigle Foiz se répète au centre des surfaces. Patrick a lu quelque part que ce vaste site abrite l’arrivée de l’oléoduc souterrain, long d’une bonne centaine de kilomètres, qui part de Dubaï. Il fut créé voici quelques années quand l’Iran refusa de laisser passer les pétroliers des Emirats au travers du détroit d’Ormuz. Le lieu s’est étoffé de raffineries de pétrole, déplacées d’Abu Dhabi et de Dubaï, en raison d’une pollution génératrice d’une continuelle bruine. D’innombrables rangées d’immenses citernes rondes blanches se succèdent en enfilade le long de la route où l’or noir est stocké pour le compte des deux émirats. Les noms des diverses sociétés concernées se lisent sur les parois circulaires. Depuis quelques années Dubaï investit massivement dans l’émirat de Fujaïrah pour développer les infrastructures touristiques ; l’été la température avoisine les trente degrés alors que le long des côtes des deux principaux émirats elle avoisine les cinquante degrés.
Une heure plus tard, le car parvient au marché central de la ville de Fujaïrah. Divers ronds-points sont contournés pour parvenir à destination ; des œuvres sculpturales imposantes trônent au centre des massifs arborés. André admire la lampe magique d’Alain où un génie est enfermé. Myriam annonce une visite limitée à une trentaine de minutes. André et Patrick se promènent dans les allées du marché couvert bordées d’échoppes réunies par secteurs d’activités. Une part belle est faite aux fruits et aux légumes dont certains sont découverts pour la premières fois. Un couloir est réservé aux bouchers charcutiers. Des carcasses d’animaux, aux chairs tailladées selon les commandes des clients, pendent dans les vitrines des locaux réfrigérés. Un marché au poisson est évité pour contourner les odeurs entêtantes des cadavres frais baignant dans les cristaux de glace pour freiner la décomposition.
Le long d’une étroite placette envahie de voitures, blanches en quasi-totalité, derrière le marché des pêcheurs, l’échoppe Rashid Dates Sales retient instantanément l’attention d’André. A l’intérieur, une variété de dattes impressionnante accueille le couple. André repère en vitrine un carton de deux kilos et demi de dattes produites aux Emirats. Un jeune vendeur les déconseille en prétextant qu’elles sont mauvaises. Cet argument surprenant et inattendu interpelle. La signification viendra d’elle-même un peu plus tard. Le patron s’active avec des acheteurs. André et Patrick patientent en promenant leur regard sur la ribambelle de petites pyramides de dattes protégées par de la cellophane. La langue arabe leur étant inconnue, seuls les yeux peuvent détailler la texture, la couleur et la taille des fruits secs. Son tour venu, André demande à acheter des dattes moelleuses nées aux Emirats. Le marchand, tout sourire, lui propose une variété naturellement sucrée à l’aspect un peu rabougri. Sans façon, il l’invite à palper les fruits puisqu’André décline avec le sourire son invitation à en goûter une. Les gants plastiques et les mesures d’hygiène européennes sont inconnus. Le garçon avance sa main et tâte différentes dattes qui effectivement se révèlent souples et liquoreuses malgré leur aspect chétif. Elles coûtent quatre dollars américains le kilogramme alors que celles proposées par le vendeur à l’arrivée se vendent plus du double. Il était uniquement intéressé par le chiffre d’affaires. Patrick sort un billet de cinq ; le patron remplit copieusement un sachet plastique, heureux de traiter avec les français. Son attitude, chaleureuse et enthousiaste, va lui valoir un second achat. André repère un flacon de sirop de dattes quasiment introuvable en France. Ses yeux brillent car il en raffole. Attentif et perspicace, malgré la barrière du langage, le marchand lui propose alors un petit jerrican d’un litre et demi. Malgré la place restreinte dans les bagages, l’affaire est conclue pour cinq autres dollars. Motivé, André se débrouillera pour le transporter. Le vendeur, amusé, redonne le billet de cinq contre un de dix. Le couple est médusé d’un prix aussi bas car il faut plus d’un kilo de dattes pour générer un litre de sirop. Une amicale poignée de main est échangée avant de quitter cette caverne d’Ali Baba. André est enchanté. Régulièrement en voyage depuis de nombreuses années, c’est la première fois que le couple découvre un achalandage avec une telle abondance ; Gaïa est vraiment généreuse.
Les minutes sont passées et le timing invite à revenir sur les pas. Une flânerie dans les couloirs des fruits et légumes offre de prendre quelques photos. Une sorte de longue courgette, à la peau rainurée pourvue de crêtes, s’apparente à l’épiderme d’un dragon de Komodo. A un endroit donné, une haute et grande arche rectangulaire à trois voussures, aux coupoles à bulbes, surplombe un passage entre deux couloirs. Soudain, une personne agrippe André par la manche. Il se retourne. Une dame du car a repéré le sachet de dattes ; elle lui demande où il les a achetées. Elle le remerciera plus tard pour avoir pu, elle aussi, acheter le fruit des Dieux. A l’angle de deux couloirs, un pick-up chargé de végétaux attire le regard. A côté, sur le sol bétonné, des dizaines de cagettes en cartons empilées, dévoilent une multitude d’oignons rouges. André détaille la façade opposée d’une large rue parallèle au marché. Elle est bordée d’un long bâtiment blanc à l’architecture typiquement arabe avec ses balcons à arches et ses hautes fenêtres effilées à ogive aux vitrages pourvus de carreaux bleutés. Il abrite au niveau de la rue une quinzaine d’échoppes surmontées d’enseignes en arabe et en anglais, dépouillées et expressives. Revenus au point de rendez-vous, le couple patiente avec les autres voyageurs la venue du car. André remarque la couleur jaune paille des taxis de la société Fujairah Transport. Patrick prend en photo des plaques d’immatriculation dont une de l’Emirat de Sharjah. André voit sur la porte d’entrée d’un local administratif la silhouette de l’Emir de Fujaïrah. Sur les deux vitrages de droite, décorés des couleurs et du drapeau des Emirats, des phrases en arabe sont étoffées des mots en anglais Spirit of the Union National Day United Arab Emirates, précédés du chiffre quarante-cinq. Les Emirats Arabes Unis se sont formés en mille neuf cent soixante-et-onze. Le car arrive et les croisiéristes remontent à bord.
Une vingtaine de minutes plus tard, Vikki dépose le groupe devant le Village du Patrimoine situé dans le quartier Madabb. Le portique est franchi. Un groupe de six arabes, en djellabas et coiffes blanches, accueillent les touristes en dansottant tout en faisant tournoyer une tige en bois à la manière des majorettes. L’habitat traditionnel des bédouins des siècles passés se dévoile au travers d’artefacts et d’outils anciens. Des scènes de vie interprétées par des mannequins, dont certaines sont mystérieuses, se succèdent dans des cases alignées le long du mur d’enceinte de la façade du village. Un arabe barbu, tout de blanc vêtu, s’affaire à une machine à coudre à pédale avec des tissus colorés. Plus loin, des esquifs, barques et des paniers de pêche aux larges mailles, en forme de dôme, rappellent que la mer a toujours été présente dans la vie des nomades. Dans les cases qui se succèdent sur la partie arrière du village, Patrick se fait un plaisir de prendre en photo les ustensiles variés, les vases aux formes disparates, en bois, en porcelaine ou en terre cuite, les objets et spécificités de la vie quotidienne. De nombreuses niches se dévoilent dans les murs ocre sable des diverses cahutes pourvues de moult tapis et aménagées de ribambelles de coussins colorés et chatoyants. Des théières en métal gris se font remarquer par leur long bec de héron. Des lampes à pétrole en fer, à la peinture bleue écaillée, sont suspendues au faîte des toitures couvertes de treillis de paille de palmier. Un autre modèle de lanterne réalisé en bois interpelle les regards. Un berceau en bois est suspendu dans les airs par des cordages fixés à une toiture plate pour protéger le nouveau-né des bestioles qui vivent au niveau du sol. Des outils en os d’animaux et des cordages sont accrochés à une paroi en bois. Des coffres ouvragés, en bois et en métal, cloutés et sertis de pierreries pour certains, côtoient d’énormes plateaux circulaires en métal ciselé de fins motifs. La pierre, le bois, les branches d’arbres et les fibres issues des végétaux sont les matériaux à l’honneur dans les abris qui sont parfois partiellement creusés dans la terre. Dans la vaste cour, Nasr Eddin, assis sur une charrette attelée à son célèbre âne, attend pour conter une histoire. André et Patrick se retrouvent vers l’entrée après avoir effleuré les siècles au travers des aménagements du village. Une balance à peser, à taille humaine, rappelle la simplicité des échanges à proximité d’un petit étal où du café à la cardamome et au safran est proposé à la dégustation avec un morceau de datte. Une trentaine de minutes se sont envolées durant la découverte du village.
L’étape suivante, a environ deux kilomètres de la mer, est atteinte une vingtaine de minutes plus tard. Des filaments de nuées se promènent distraitement dans le ciel continuellement bleu. Le Fujairah Fort, massif et de petite dimension, fut édifié en roche, pierre, boue et foin, il y a plusieurs siècles sur une petite éminence d’une trentaine de mètres. Une tour carrée, une tour ronde et un beffroi en pierraille, plus ancien, réunies par un corps central surmonté de remparts, indique que la construction s’est étoffée avec les années. Les embrasures ouvertures sont rares. Des meurtrières et des mâchicoulis se signalent discrètement sur les murs épais de la couleur ocre du sable du désert. Les escaliers fleurissent dans la cour intérieure pour accéder aux remparts et pour monter dans les tours. Patrick grimpe de hauts degrés en pierre, parfois taillés étroitement à même la pierre, explore, admire les poutraisons circulaires des tours qui rayonnent depuis le haut de leur colonne centrale. Un monsieur se cogne violemment la tête dans un goulet étroit conduisant en haut de la tour ronde principale. Une conséquente mosquée blanche, en voie d’achèvement, émerge dans le panorama de la ville. André reste au niveau du sol. Il observe la diversité des pierres utilisées dans la construction. Les multiples nuances et les différentes couleurs charment son regard. Le  quart d’heure accordé pour la visite est vite absorbé par le fleuve du temps.
La dernière étape est située à côté du fort. Cinq minutes suffisent pour joindre le Fujairah Museum inauguré il y a plus de vingt-cinq ans. Avant de se promener autour du musée, André et Patrick bavardent à l’intérieur avec un couple francophone à proximité d’un grand tableau représentant l’Emir et sa progéniture masculine. La dame, intriguée par le contenu du petit jerrican, les questionne. Elle pensait à de l’huile. Le sirop de datte lui est inconnu. Dehors, un kiosque sommaire à la toiture hexagonale, installé au centre d’une parcelle engazonnée, est approché. Deux autres cars affrétés par msc arrivent. Autre part dans le parc du musée, un ancien bateau à fond plat artisanal est détaillé. Au regard de ses flancs ajourés, André se demande s’il a vraiment glissé un jour sur l’eau. La chaleur élevée incite le couple à retourner dans le car pour attendre les autres passagers qui reviennent progressivement.
Durant le trajet retour, Myriam parle des Emirats. La construction des buildings de Dubaï nécessitant un apport important de matériaux, elle évoque la disparition totale d’une montagne dans les alentours de Fujaïrah. Une seconde disparaît progressivement pour satisfaire la demande sans cesse soutenue. André est quelque peu halluciné par cette information. Un paradoxe quant aux occupants des gratte-ciel trouve son explication. Les Emiratis, estimés à environ un million d’âmes, refusent de vivre dans les buildings et les gratte-ciel. Ils sont occupés par les millions de personnes qui contribuent au développement croissant des deux principaux émirats. Environ sept cent mille dans celui d’Abu Dhabi et trois cent cinquante mille dans celui de Dubaï, les Emiratis vivent dans des villas construites gratuitement à leur attention par les deux Emirs. Ils reçoivent une rente à vie sans obligation de travailler. A l’approche du port de Khor Fakkan, une vision saisissante accapare les regards. Des rangées impressionnantes de pylônes électriques chevauchent et hérissent les monts alentours telle une armée de géants.
Le car arrive au bateau vers quatorze heures. André et Patrick se rendent au buffet pour déjeuner. Des aubergines poêlées à l’origan, un curry de légumes agrémenté de riz blanc, des beignets de brocoli et une crêpe aux champignons pour André composent la partition du menu. Une bouteille d’eau gazeuse est apportée par Lapa Ina, une serveuse asiatique.
Un temps de détente se déroule assis confortablement dans les fauteuils en microfibre or au pont sept. Le serveur, au visage devenu familier, apporte deux cappuccinos. Les breuvages sont sirotés lentement avant de retourner à la cabine où la vue depuis le balcon embrasse une flotte de containers.
Vers dix-sept heures trente, André et Patrick sirote une boisson chaude au pont piscine où les passagers vont en viennent. Camomille et thé Earl Grey infusent sur le plateau d’une table ronde en bois couleur teck, décorée de bandes transversales noires et cerclée d’une bordure tressée de lamelles en plastique noir. Au-dessus des monts, où des pylônes dépassent par endroits, le disque solaire semble en fusion. Il irradie un halo de lumière argentée qui dessine un sillon platiné sur les flots scintillants. Le navire lève l’ancre ; la musique Tornero se fait entendre. André et Patrick montent sur le pont supérieur pour assister au départ et au coucher de soleil qui s’annonce. La plateforme des containers s’éloigne et rapetisse avec la distance. Le cargo China Shipping Line, chargé de containers, est à quai. A dix-huit le spectacle solaire commence. Des nuances ambrées s’emparent de la voute céleste. Elles se reflètent sur les flots traversés de temps à autre par de frêles embarcations. Le halo flamboyant s’estompe, le disque solaire apparaît dans une limpidité nivéenne avant de disparaître derrière les monts. Les nuées rayonnantes se teintent de pourpre et d’or. Le navire s’éloigne des côtes. Patrick remarque la présence sur l’eau d’une myriade de bateaux.
A dix-neuf heures, André et Patrick dinent au buffet Zanzibar. Une soupe à la vénitienne aux pâtes et haricots Borlotti se découvre en début de repas. En retournant au buffet André croise un homme qui tient une fillette dans ses bras. Elle lui tend la main en le gratifiant d’un radieux sourire. Le français approche ses lèvres et dépose un léger baiser sur le dessus de la gracieuse menotte. L’enfant accentue son sourire avant de s’éloigner avec un papa tout surpris de cette attention envers un inconnu. Le repas se poursuit avec une sélection de mille-feuilles d’aubergines à la tomate fraîche, agrémentés de mozzarella et de basilic. Alors que le couple quitte la table, un groupe d’enfants précédé d’une animatrice arrive en chantonnant. Le cortège musical improvisé batifole en continuant son avancée dans le buffet.
La soirée se déroule agréablement dans la cabine. Vers vingt-et-une heures trente, en allant chercher de l’eau chaude au buffet dans le mug acheté au port de Dubaï, André s’étonne de croiser des passagers tout de blanc vêtu. Dans l’ascenseur baigné de blancheur, son esprit associe cette tendance contagieuse à une série télévisée sur le ravissement. Il manque à ces apparitions la cigarette aux lèvres pour s’apparenter aux membres de la secte née suite à la disparition instantanée de deux pour cent de la population humaine mondiale. Revenu à la cabine, il voit sur le programme journalier qu’une White Party, une Soirée Blanche, commence à l’Aqua Park au pont quatorze…



























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