vendredi 31 mars 2017

Ballet aquatique improvisé…

Au lever à six heures, le ciel bleu pastel se teinte aux confins d’un voile églantine qui se pose délicatement sur les flots encore endormis. Un peu plus tard, un superbe oiseau, aux ailes à l’envergure majestueuse, traverse le ciel bleu azur. Son profil dévoile un bec blanc fuselé qui fend sereinement l’air matinal.
Un peu avant huit heures, André et Patrick prennent le petit-déjeuner quelque part en Tanzanie. André déguste des dattes des Emirats et des arachides indonésiennes avec deux bananes à la peau tigrée. Voyager offre de découvrir de nouvelles sensations gustatives. Malgré la magie d’Internet, il est souvent impossible de commander par la suite les produits locaux des pays traversés. Sensibles à cette réalité, les papilles apprécient d’autant plus la saveur des mets de ces contrées éloignées. Patrick trempe sa sélection de viennoiseries et de brioches dans une boisson chaude au cacao. La collation se déroule sous les regards absents des masques africains qui décorent la paroi murale à la poupe du navire.
La matinée se dessine dans le confort de la cabine. Lecture, écriture, ouvrage sur ordinateur et iPad étoffent son déroulement. Vers dix heures Patrick remarque la présence de bateaux de pêche aux alentours du navire. Une heure plus tard, il invite André à le rejoindre sur le balcon pour contempler des dauphins qui batifolent joyeusement dans un ballet aquatique improvisé. Le couple s’émerveille de leur cabriole et de leur bond qui se terminent dans des jaillissements d’écume. Le chargement des photos sur le blog est encore en cours à midi. La connexion Internet est lente. Une trentaine de minutes sont nécessaires pour terminer la publication sur le site. Le couple déjeune ensuite au buffet. Du gâteau de pomme de terre au fromage fondu Fontina et des légumes grillés à la sauce pesto sont sélectionnés au buffet. Durant le repas apprécié, André remarque la présence de gracieux oiseaux blancs. Ils évoluent au ras des flots en survolant la crête des vagues indolentes, lisses et sirupeuses, qui se plissent dans une ondulation sans fin. Le navire glisse sur les flots calmes de la mer d’Arabie pour se diriger vers le golfe d’Aden. Il longe au large les côtes du Sultanat d’Oman.
Des cappuccinos sont sirotés au pont sept. Le barista Gusti Sugianta détaille le fonctionnement de la carte au regard du package et brosse un portrait alléchant des différentes spécialités à base de café. Les instants de détente caressent les minutes complices. Plus tard, Patrick lit sur le Kindle assis sur un des deux sièges entoilés du balcon avant de se rendre à une conférence à quinze heures. André œuvre sur l’ordinateur. Durant une période de narration dissipée, André sort régulièrement sur le balcon pour profiter du panorama marin qui s’étend à perte de vue. La température est chaude, le soleil darde des rayons brulants qui percutent les flots dans un scintillement argenté. La peluche colorée, posée à droite de l’écran, accompagne l’écrivain distrait par une rêverie vagabonde.
A l’issue de l’exposé en images, Patrick photographie quelques figurines en bois avant de rejoindre son mari. Ils se rendent ensuite au buffet pour siroter une boisson chaude. L’après-midi se continue dans un rythme empreint de la lenteur du navire.
Le couple dîne à dix-huit heures au buffet. André rejoint Patrick après un achat de douceurs sur la Piazza San Giorgio au pont six où la souriante balinaise Juli Ketut utilise la carte de la cabine pour l’impression du ticket de caisse. Installé au bord du vitrage, le couple contemple les flots. Au jour déclinant, l’horizon est embrasé d’or et d’ambre. Le disque solaire, baigné d’un halo vaporeux de lumière opaline, projette des rayons mordorés qui dessinent un sillon ivoirin sur les vagues scintillantes. André déguste lentement une part de choco light bomb au cacao sans sucre et un cupcake banane chocolat. Patrick savoure un veggie burger avec des frites.

A dix-neuf heures, André et Patrick assistent au théâtre à une version de l’opéra La Traviata de Giuseppe Verdi. La soprano Tatiana Kniazeva et le ténor Enrico Scotto sont entourés des artistes de la troupe du navire qui dansent en interprétant les rôles des hôtes et des figurants. Violetta et Alfredo, les deux héros, sont personnalisés par un couple de danseurs qui mime le déroulement de l’intrigue en parallèle de l’interprétation musicale un peu figée ; Alfredo déclare sa flamme à Violetta. La cantatrice s’égosille au lieu de chanter. Heureusement, les mimes expressifs et gracieux de la troupe offrent un spectacle visuel attachant et charmeur. Les costumes colorés et élaborés des festivités carnavalesques, les masques vénitiens, la danse des gitanes en habits de feu apportent une note de légèreté au dernier acte qui voit la mort de Violetta emportée par la maladie…













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