Un ciel d’azur accueille André et Patrick ce
matin. Quelques nuages fins glissent en solitaire vers l’horizon. La chaleur
s’installe de bonne heure et rend les peaux moites. La salle du petit-déjeuner
s’emplit de touristes indonésiens. Le soleil offre ses rayons en abondance. La
journée promet d’être chaude.
En fin de matinée, quand le couple sort du
Citadines, il voit dans le hall surélevé à l’entrée de l’hôtel un énorme
personnage menaçant, torse nu, barbu, à la longue chevelure noire, coiffé d’une
couronne, qui gesticule dans sa gestuelle figée. Le déjeuner est apprécié à la
paillote où l’accueil est toujours simple et chaleureux.
Plus tard,
des cappuccinos, préparés par Ibrahim,
sont sirotés à la terrasse de Coffee Bean.
Progressivement, l’esprit s’habitue aux promenades et étapes, devenues
maintenant rituelles, qui ponctuent les activités quotidiennes d’André et
Patrick à Kuta. Il est moins attentif
au mouvement des touristes et aux scènes ordinaires de la vie quotidienne qui
pourtant enrichissent la vie de chacun. Le bien-être et la détente du farniente
en terrasse sont cependant toujours appréciés par André dont les activités
professionnelles passées empêchèrent ce genre de récréation. Ces instants de
douce oisiveté, de désœuvrement, ne sont-ils pas des trésors dans la vie
trépidante d’aujourd’hui où le rendement et la performance sous souvent les
étendards de la société de consommation.
Les minutes glissent sur la trame du temps et
trouvent bien des cycles plus tard André et Patrick au Foodmart où une jeune femme voilée, Emeilda, les accueille. Outre les
très appréciés fruits du dragon et arachides indonésiennes, des tranchettes
de Kue Basah, de Gâteau Humide, à la noix de coco font parties des emplettes. Les
trois portions reviennent à neuf mille roupies, soit à environ soixante
centimes d’euro. Lors du trajet retour à la résidence, André décide d’acheter
un bracelet à la fillette de quatre cinq ans qui les sollicite assidûment chaque
jour depuis leur arrivée entre l’hôtel et la paillote. Sa grand-mère ou sa mère,
cela dépend des jours, est assise à proximité à l’ombre au bord du trottoir. Il
choisit un modèle tressé en cuir blanc et argent. La barrière de la langue interdisant
de connaître le prix demandé, un billet de cinq mille roupies est glissé dans
la main de l’enfant qui réclame d’autorité une seconde coupure. André se dit
que l’âge de la poupée est probablement absent des souvenirs de la fillette entrée
très vite dans la vie active.
Vers seize heures, les minutes découvrent André
et Patrick à la paillotte Balifruits
& Pie. Ils sirotent chacun un smoothie à la banane. Celui d’André a été
réalisé sans glaçons. Soudain, une averse détrempe le sol. Les flots s’épanchent
généreusement sur la route créant d’énormes flaques d’eau. Les nuages se reflètent
sur l’onde qui se plisse au vent. Un monsieur en fauteuil roulant passe sur le
trottoir sans se préoccuper d’être mouillé. Les conducteurs continuent de
rouler à la même vitesse comme si les intempéries n’avaient aucune conséquence
sur leur conduite. Le déluge se continue ; André et Patrick décident de
retourner malgré tout au studio. Ils emportent les deux jus de citron préparés
à leur attention et se lancent sous la pluie. Les grosses gouttes sont
absorbées radicalement par leurs habits en toile de coton. Riant comme des
enfants, ils arrivent trempés dans le hall du Citadines. La pluie cesse peu de
temps après.
Lorsque les dix-huit heures s’annoncent, le
soleil commence sa lente descente derrière la mer. Les nuages remplissent le
ciel de leur grande formation grise. A l’horizon, une tache rougeâtre indique
le début du coucher de soleil. Les vagues de la mer construisent des rouleaux
qui viennent s’écraser aux pieds du promeneur savoyard.
Sur la plage, un surfeur essaie de dompter les
flots avant que la nuit emporte la visibilité. Puis, il abandonne quand une
touche de pourpre s’éparpille sur la voute céleste. Un père et une mère jouent
avec un enfant. Les pieds marchent sur le sable mouillé. Ensuite, un couple asiatique
demande à Patrick de les photographier en ombre chinoise devant les nuées rougeoyantes.
Aux confins, un éclatant rideau rose églantine, aux reflets de rouille enflammée,
dévoile sa splendeur aux bas des nappes nuageuses, artistiquement échancrées, amoncelées
en enfilade.
Un peu plus loin, des adolescents pratiquent le
football sur le sable passablement humide. Le ballon vole dans les airs pendant
que les garçons s’évertuent à le toucher avec leurs pieds ou leur tête. Le soleil
s’efface et la soirée impose la pénombre…
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