samedi 18 mars 2017

Trombes d’eau à Kuta...

Un ciel d’azur accueille André et Patrick ce matin. Quelques nuages fins glissent en solitaire vers l’horizon. La chaleur s’installe de bonne heure et rend les peaux moites. La salle du petit-déjeuner s’emplit de touristes indonésiens. Le soleil offre ses rayons en abondance. La journée promet d’être chaude.
En fin de matinée, quand le couple sort du Citadines, il voit dans le hall surélevé à l’entrée de l’hôtel un énorme personnage menaçant, torse nu, barbu, à la longue chevelure noire, coiffé d’une couronne, qui gesticule dans sa gestuelle figée. Le déjeuner est apprécié à la paillote où l’accueil est toujours simple et chaleureux.
 Plus tard, des cappuccinos, préparés par Ibrahim, sont sirotés à la terrasse de Coffee Bean. Progressivement, l’esprit s’habitue aux promenades et étapes, devenues maintenant rituelles, qui ponctuent les activités quotidiennes d’André et Patrick à Kuta. Il est moins attentif au mouvement des touristes et aux scènes ordinaires de la vie quotidienne qui pourtant enrichissent la vie de chacun. Le bien-être et la détente du farniente en terrasse sont cependant toujours appréciés par André dont les activités professionnelles passées empêchèrent ce genre de récréation. Ces instants de douce oisiveté, de désœuvrement, ne sont-ils pas des trésors dans la vie trépidante d’aujourd’hui où le rendement et la performance sous souvent les étendards de la société de consommation.
Les minutes glissent sur la trame du temps et trouvent bien des cycles plus tard André et Patrick au Foodmart où une jeune femme voilée, Emeilda, les accueille. Outre les  très appréciés fruits du dragon et arachides indonésiennes, des tranchettes de Kue Basah, de Gâteau Humide, à la noix de coco font parties des emplettes. Les trois portions reviennent à neuf mille roupies, soit à environ soixante centimes d’euro. Lors du trajet retour à la résidence, André décide d’acheter un bracelet à la fillette de quatre cinq ans qui les sollicite assidûment chaque jour depuis leur arrivée entre l’hôtel et la paillote. Sa grand-mère ou sa mère, cela dépend des jours, est assise à proximité à l’ombre au bord du trottoir. Il choisit un modèle tressé en cuir blanc et argent. La barrière de la langue interdisant de connaître le prix demandé, un billet de cinq mille roupies est glissé dans la main de l’enfant qui réclame d’autorité une seconde coupure. André se dit que l’âge de la poupée est probablement absent des souvenirs de la fillette entrée très vite dans la vie active.
Vers seize heures, les minutes découvrent André et Patrick à la paillotte Balifruits & Pie. Ils sirotent chacun un smoothie à la banane. Celui d’André a été réalisé sans glaçons. Soudain, une averse détrempe le sol. Les flots s’épanchent généreusement sur la route créant d’énormes flaques d’eau. Les nuages se reflètent sur l’onde qui se plisse au vent. Un monsieur en fauteuil roulant passe sur le trottoir sans se préoccuper d’être mouillé. Les conducteurs continuent de rouler à la même vitesse comme si les intempéries n’avaient aucune conséquence sur leur conduite. Le déluge se continue ; André et Patrick décident de retourner malgré tout au studio. Ils emportent les deux jus de citron préparés à leur attention et se lancent sous la pluie. Les grosses gouttes sont absorbées radicalement par leurs habits en toile de coton. Riant comme des enfants, ils arrivent trempés dans le hall du Citadines. La pluie cesse peu de temps après.
Lorsque les dix-huit heures s’annoncent, le soleil commence sa lente descente derrière la mer. Les nuages remplissent le ciel de leur grande formation grise. A l’horizon, une tache rougeâtre indique le début du coucher de soleil. Les vagues de la mer construisent des rouleaux qui viennent s’écraser aux pieds du promeneur savoyard.
Sur la plage, un surfeur essaie de dompter les flots avant que la nuit emporte la visibilité. Puis, il abandonne quand une touche de pourpre s’éparpille sur la voute céleste. Un père et une mère jouent avec un enfant. Les pieds marchent sur le sable mouillé. Ensuite, un couple asiatique demande à Patrick de les photographier en ombre chinoise devant les nuées rougeoyantes. Aux confins, un éclatant rideau rose églantine, aux reflets de rouille enflammée, dévoile sa splendeur aux bas des nappes nuageuses, artistiquement échancrées, amoncelées en enfilade.
Un peu plus loin, des adolescents pratiquent le football sur le sable passablement humide. Le ballon vole dans les airs pendant que les garçons s’évertuent à le toucher avec leurs pieds ou leur tête. Le soleil s’efface et la soirée impose la pénombre…



















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